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Extraits de presse à propos des événements de la Grande Peur et de la Nuit du 4 août 1789.

mardi 18 août 2015

Extraits de la presse de 1789 au sujet des événements de la Grande Peur et de la Nuit du 4 août.

A l’imitation de Paris, toutes les villes se dotent d’une milice et d’une municipalité. Dans les campagnes, une « Grande Peur » se répand ; en effet, on annonce partout la présence de bandes de brigands. Les paysans, faute de brigands, s’en prennent aux châteaux, pillent et brûlent les terriers. L’effroi des privilégiés s’exprime à l’Assemblée dans la nuit du 4 août 1789, au cours de laquelle les députés décident l’abolition des privilèges.

L’égalité de tous devant l’impôt, la justice, l’accès aux emplois sont proclamés. C’est la fin (en théorie) de l’Ancien Régime social.

La presse relate les événements. Nous prendrons comme journaux  : « Le Courrier de Versailles », les « Révolutions de Paris », et le « Journal de Perlet ».

La Grande Peur est relatée dans le « Courrier de Versailles »  :

« Paris, ce 28 juillet, 10 heures du soir. Hier, Monsieur, sur les 11 heures du matin, arrivant à Beaumont-sur-Oise pour me rendre à Chambly, j’ai été arrêté par plusieurs personnes qui me sollicitaient de ne pas aller plus avant ; tout Beaumont, Chambly et tous les lieux circonvoisins étaient assaillis, disaient-ils, par une troupe considérable de brigands qui avaient déjà coupé plus de 1 200 arpens de bled…

On n’a pu jamais rien découvrir : quand on était à l’endroit où l’on annonçait que les pré tendus vagabonds faisaient le dégât, on nous renvoyait à un autre. Enfin, après cinq heures de recherches et de courses, nous n’avons pu parvenir à rien découvrir, et sans doute il n’y avait rien qui ressemblât à l’alarme qui a été répandue en même temps et à la même heure à 10 lieues à la ronde [1]. »

Le journal les « Révolutions de Paris » écrit :

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« Aux environs de la ville de Lyon, ainsi que dans le Mâconnais, l’on avait annoncé la perte de 30 châteaux incendiés, et cela se réduit enfin, excepté 2 ou 3 maisons à créneaux, à 30 liasses de papiers [2] ».

Le « Journal de Perlet » relate les événements :

« Des habitants de Saclay, Vauhallan et autres pays circonvoisins sont venus apporter à MM. Les Représentants de la Commune, une Délibération signée de nombre de leurs Concitoyens par laquelle ils demandent le port d’armes et la liberté de s’ériger en Milice Bourgeoise pour se défendre eux et leurs biens, et pour être en force pour arrêter ceux de leurs concitoyens, ou des brigands qui pendants qui pendant la nuit coupent les seigles encore verts [3] ».

Dans un autre numéro le même journal écrit :

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« Il s’était répandu dans la capitale le bruit alarmant qu’un grand nombre de brigands jetait la désolation et ravageait tout dans la vallée de Montmorency et à Pontoise. On a découvert que ce bruit était absolument faux. Le Particulier qui avait ainsi jeté l’alarme à Montmorency est arrêté et détenu dans les prisons.

Les alarmes données dans le Perche et dans la Basse-Normandie étaient aussi sans fondement [4]. »

Le « Journal des Etats Généraux » relate la Nuit du 4 août 1789 :

« La séance n’était indiquée à 7 heures du soir que pour lire la déclaration arrêtée la veille, et pour calmer l’agitation et les troubles des provinces. On a commencé par donner lecture de cette déclaration, mais elle était bien incorrecte, on n’y faisait pas mention des sacrifices que la noblesse était dans l’intention de faire ; elle ne parlait pas de la réforme que le clergé se proposait de faire ; elle n’annonçait enfin rien de ces grands objets qui intéressent et frappent la nation. L’Assemblée sentait bien tous ces inconvénients. Les peuples, disait-on, souffrent, se plaignent et gémissent. Ils nous ont fait des demandes, nous sommes chargés de les exécuter. N’aurons-nous donc que des délais à apporter à leur empressement ? Ne leur laisserons-nous entrevoir que des secours, lorsque les circonstances nous commandent impérieusement de leur en donner au moment même ?

Ces idées se sont bientôt répandues dans tous les ordres, ont fermenté dans tous les cœurs, et tout-à-coup, se dépouillant du vieil homme, chaque citoyen, quel que fut son rang, sa dignité, quelle que fut sa fortune, n’a plus été que l’égal de l’homme le plus obscur, le seul titre de citoyen était celui qu’il voulait conserver … M. le comte de Noailles a réchauffé toutes les âmes ; tout le monde s’est porté en foule au bureau pour s’y faire inscrire…

En une nuit, toute la face de la France a changé. Un ordre de choses, que la force a maintenu, malgré le courage de toutes les générations et les ravages des temps, a été renversé [5] ».

La presse devient un élément majeur d’informations et d’opinions en 1789. Elle nous reste en héritage. Sa liberté acquise il nous faut la défendre sans cesse.

Bernard Vandeplas, Docteur en Histoire Contemporaine, Vice-Président de l’ARBR, les Amis de Robespierre [6]


[1Journal : « Le Courrier de Versailles, » n°12.

[2Journal : « Révolutions de Paris », n°6.

[3Journal : « Journal de Perlet », n°2.

[4Journal : « Journal de Perlet », n°1.

[5Journal : « Journal des Etats Généraux », séance du 4 août, au soir 1789.

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[6D’autres extraits de documents complémentaires à l’Histoire de la Révolution Française alimenteront le site des Amis de Robespierre