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Femmes en révolution

mardi 13 avril 2021

Le nouveau conseil scientifique de notre association a retenu de traiter un thème particulier pour chacun de nos prochains bulletins.
Pour le numéro 114, à paraître, il a retenu de parler des femmes en révolution et de faire connaître quelques-une d’entre elles qui y jouèrent un rôle important trop souvent méconnu.
Devant le grand nombre d’articles proposés nous avons dû faire des choix et publier certains d’entre eux sur le site. Pour d’autres, très complets nous avons fait le choix de les publier en version intégrale sur le site.
Ce sont ces textes que vous trouverez à la une.
Un peu de patience l’Incorruptible n°114 est à l’impression.

en français

L’Incorruptible n° 114

Lorsqu’ils s’agit de parler des femmes pendant la révolution l’historien pas plus que le simple citoyen n’est à l’abri des préjugés, de ses fantasmes ou des représentations qui peuvent fausser l’accès à la réalité. Et il y a toujours un risque à s’y colleter comme nous le dit Geneviève Fraisse. Ainsi, la question de l’accès à la citoyenneté politique tenue comme référence absolue est vue sous le prisme de revendications actuelles abouties pour certaines depuis seulement 1946, 1967, 1972 et 1975 et de celles toujours à conquérir.

Il faut en convenir, cette problématique étant ainsi posée il est aisé de conclure que les hommes de 89-94, y compris ceux les plus en avance sur leur temps comme Robespierre, Desmoulins, Babeuf ou Condorcet, n’ont pas pris à bras le corps cette question alors que les femmes du peuple ont pris une part des plus actives dans le processus révolutionnaire (voir le fameux déplacement à Versailles). Et poursuivant le développement, non seulement elles ont été spoliées de leurs droits, mais voyez donc comment les plus engagées d’entre elles ont fini. La cause féminine est la principale oubliée de la Révolution et plaignons nos féministes révolutionnaires mourant dignement sur l’échafaud. Je ne partage pas ce point de vue qui consisterait à laisser penser que la Révolution n’a rien fait pour la condition des femmes hormis les propositions de la « belle Olympe » et l’engagement de cette chère Mme Roland « révolutionnaire de salons » qu’on n’ a pas vu marcher sur Versailles les 5 et 6 octobre 1789 et que l’on porte aujourd’hui au pinacle. L’abolition des privilèges féodaux, l’État civil, le divorce n’ont pas été rien pour celles que certains historiens appellent les Invisibles de la révolution.

Celle-ci n’a pas tout fait pour les femmes, c’est évident, et dans ce domaine comme dans d’autres, elle demeure largement inachevée. Mais cette histoire demeure à construire.

Femmes en révolution.

Femmes du peuple se rendant à Versailles octobre 1789

En retenant cette thématique de réflexion et de débat, notre tout nouveau conseil scientifique a pris le risque des travers qui guettent tout passionné d’histoire mais il a voulu éclairer quelques aspects de cette importante question. Remercions les auteurs et les autrices qui ont accepté de s’y prêter. Il fallait tenter de faire un état de la situation des femmes à cette époque de leur exploitation et du degré de leur domination, relever des paroles, des faits et évoquer à notre manière quelques figures connues ou méconnues qui ont pris une part singulière au combat révolutionnaire. Et faisons parler Robespierre, qui n’échappe pas aux clichés lorsqu’il s’agit d’évoquer le sort des femmes et leur participation à la vie politique ou culturelle ou qu’il s’agit de défendre les plus rabaissées d’entre elles, les filles mères.

Les femmes ne sont pas les oubliées de la révolution. Si les non-dits du temps ne leur ont pas accordé le droite de vote, elles ont gagné des droits civils et leur engagement aura donné l’espoir à nombre d’entre elles et aux générations de femmes qui ont suivi.

Il nous aurait fallu ajouter bien des pages au futur numéro de l’Incorruptible. Pour compléter et enrichir cette question, nous renvoyons nos lecteurs à la consultation d’autres articles, en ligne ici qui nous l’espérons alimenteront votre curiosité et vous inviteront à nous écrire pour enrichir notre réflexion commune.

In English

L’Incorruptible n° 114

When it comes to talking about women during the Revolution, the historian is no more immune than an ordinary citizen to the prejudices, fantasies or misrepresentations that can distort access to reality. And there is always a risk in dealing with them, as Geneviève Fraisse tells us. Thus, the question of access to political citizenship, held as an absolute reference, is seen through the prism of present-day demands, some of which have only been achieved since 1946, 1967, 1972 and 1975, and those yet to be won.

It must be admitted that, when this problem is posed in this way, it is easy to conclude that the men of 1789-94, including those most ahead of their time, such as Robespierre, Desmoulins, Babeuf and Condorcet, did not take this question on board, whereas the women of the people played a very active role in the revolutionary process (as in the famous march on Versailles). And continuing this line of thought, not only were they deprived of rights, but see how the most politically engaged of them ended up. The cause of women is the forgotten principle of the Revolution and let’s lament our revolutionary feminists dying with dignity on the scaffold. I do not share this point of view which consists in making one think the Revolution did nothing for the condition of the women, except the proposals of the « beautiful Olympe » and the involvement of dear Mme Roland, the « salon revolutionary » who was not to be seen marching on Versailles on 5-6 October 1789 and today is held up as the pinnacle. The abolition of feudal privileges, the civil state, and divorce were not nothing for the women some historians call the ’Invisibles’ of the revolution.

The revolution did not do everything for women, obviously, and in this area as in others, it remains largely unfinished. But this history remains to be constructed.

Women in Revolution.

Femmes du peuple se rendant à Versailles octobre 1789

In choosing this theme for reflection and debate, our new scientific council has taken the risk of the pitfalls that await any history enthusiast, but it has wanted to shed light on some aspects of this important question. We would like to thank the authors who agreed to take part. It was necessary to try to make an inventory of the situation of women at that time of their exploitation and the degree of their domination, to note words, facts and to evoke in our way some known or ignored figures who took a singular part in the revolutionary fight. And let’s talk about Robespierre, who does not escape the clichés when it comes to evoking the fate of women and their participation in political or cultural life, or when it comes to defending the most oppressed, single mothers.

Women are not the forgotten people of the revolution. If the unwritten rules of the time did not grant them the right to vote, they gained civil rights and their commitment gave hope to many of them and to the generations of women that followed.

We would have had to add many pages to the next issue of L’Incorruptible. To complete and enrich this discussion, we refer our readers to other articles, online here, which we hope will feed your curiosity and invite you to write to us to enrich our shared reflection.