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Monsieur et citoyen.

un article extrait du journal « Patriote Français »du 24 septembre 1792.

mercredi 19 août 2015

Monsieur et citoyen.




Article extrait du journal Patriote français, du 24 septembre 1792.

« Outre l’aristocratie des titres féodaux, il y avait aussi l’aristocratie des titres bourgeois ; et cette aristocratie n’est pas encore détruite. L’orgueil citadin met encore une grande différence dans ces appellations : Monsieur, le sieur, le nommé, ect ; Il y a une gradation dont le nuances n’échappent pas aux oreilles susceptibles de nos bourgeois. La Convention nationale, qui doit balayer ces misérables restes de l’ancien régime, ne souffre pas dans son sein le titre de Monsieur ; on y a substitué celui de citoyen. Mais c’est encore un titre qui peut aussi amener une distinction, on le donnera aux gens d’une certaine condition, d’une certaine fortune ; on le refusera au laborieux manouvrier, au respectable indigent. D’ailleurs, ce mot de citoyen, c’est un mot sacré c’est un mot qu’il ne faut pas prostituer ; et ne rougirait-on pas de le mettre à côté de certains noms ! Certes, nous dirons avec joie le citoyen Péthion, le citoyen Condorcet ; mais quel est le patriote qui pourrait dire le citoyen Marat, le citoyen Maury !

Républicains comme les Romains, plus libres qu’eux, destinés à être aussi vertueux, imitons leur exemple ; ne faisons précéder les noms d’aucun titre ; disons Péthion, Condorcet, Payne, comme on disait à Rome, Caton, Cicéron, Brutus. Si cette simplicité nous semble rudesse, si elle nous semble prématurée, ajournons aussi la République. »

Choix du texte :

Bernard Vandeplas, Docteur en Histoire Contemporaine, Vice-Président de l’ARBR, les Amis de Robespierre [1]

[1D’autres extraits de documents complémentaires à l’Histoire de la Révolution Française alimenteront le site des Amis de Robespierre