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La Commune de 1871 et une Commémoration agressée en 2021 : leçon d’éducation populaire 

mardi 13 juillet 2021

Ce week-end du 29 mai d’honnêtes citoyens célébraient à leur manière le cent cinquantième anniversaire de fin de l’expérience unique de gouvernement ouvrier de la Commune de Paris et rendaient hommage aux « martyrs de la Commune de Paris » (autour de 20 000 selon les historiens, sans compter le nombre de déportés et d’emprisonnés jusqu’aux amnisties d’après 1880. )
Heurté par le sort qui fut fait à une partie d’entre eux commémorant l’exécution d’otages enfermés à la prison de la Roquette, notre ami Patrice Zahra soumet au débat de nos internautes les fruits de sa réflexion.
Ce texte a été soumis à l’avis du Conseil Scientifique et y a suscité de nombreux échanges.
Remercions notre auteur d’inciter les uns et autres au débat argumenté.

La Commune de 1871 et une Commémoration agressée en 2021 : leçon d’éducation populaire à travers Robespierre, Varlin et Olivaint

Le 29 mai 2021, des citoyens , commémorant l’exécution d’otages (civils, gendarmes et prêtres enfermés à la prison de la Roquette) rue Haxo, ont été violemment attaqués par des « manifestants masqués », silence médiatique et inertie policière. Surprenant ? L’Histoire nous apprend que non.

« A bas les Versaillais, à bas la calotte » scandaient les courageux agresseurs de personnes âgés et d’enfants présents dans le cortège ! Imposture et ignorance s’ajoutent à la lâcheté de pratiques factieuses et liberticides soigneusement protégées. Les victimes s’accumulent : opposants au mondialisme, journalistes, militants CGT, gilets jaunes, étudiants, revues, … demain, vous ou moi.

En 1871, parmi les prêtres exécutés se trouvait Pierre Olivaint, [1] jésuite, issu d’une famille indigente éducateur, travailleur social, École Normale à 20 ans, premier de l’agrégation d’histoire et géographie à 26 ans, prêtre à 34 ans. Il consacre sa vie à l’action sociale et éducatrice.

Parmi les chefs communards qui se sont opposés à cette exécution se trouvait Eugène Varlin, [2] issu d’une famille de paysans pauvres, apprenti peintre, artisan relieur, président de la société d’épargne de crédit mutuel des relieurs à 26 ans et co-fondateur de l’Association internationale des travailleurs, première internationale. Ses efforts contribuent en 1869 à la création de la Fédération parisienne des sociétés ouvrières qui deviendra ultérieurement la Confédération générale du travail. Il est partisan de la participation aux élections, opposé ainsi à Proudhon. En mars 1871, il participe à la prise de la place Vendôme et à la rédaction d’un manifeste-programme des sections parisiennes de l’AIT. Elu triomphalement au conseil de la Commune par trois arrondissements, à la Commission des finances, il assure la liaison entre la Commune et les sociétés ouvrières. Le 1er mai, il s’oppose à la création d’un comité de salut public. Le 28 mai, il est arrêté, lynché par la foule et fusillé à l’âge de 32 ans.

Robespierre, Varlin et Olivaint sont des « hommes du peuple et de bien ». [3] La similitude de leurs courts parcours respectifs conduit à éclairer nos contemporains sur plusieurs faits :

  • Auguste Blanqui, [4] chef communard, était prisonnier des Versaillais. Thiers ne l’a ni échangé ni exécuté. Il est mort dix ans plus tard de mort naturelle.
  • Thiers [5] était plus anti- catholique que la plupart des Communards. Il a refusé à deux reprises d’envisager la libération des otages.
  • Comme Blanqui, Thiers était membre des « carbonaro », mouvement d’inspiration maçonnique italien anti-religieux et socialement élitiste. Son leader italien Mazzini [6] a impulsé la création de la Mafia (Mazzini Autorizza Furti Incendi Avvelenamenti – Mazzini autorise vols, incendies et empoisonnements)
  • La « Charbonnerie » [7] est dénoncée par les socialistes français comme « l’arme politique d’une classe sociale incapable de se concilier le peuple ». Pour Louis Blanc, elle concentre les vices de la bourgeoisie, ainsi « l’amour exagéré d’un bien-être matériel ». [8]
  • Le massacre des Communards par les troupes de Thiers est condamnable. Le massacre des prisonniers est autant condamnable et justifié par rien. Dans les deux cas, c’est le peuple divisé qui est frappé.
  • Ce massacre rappelle les massacres de septembre 1792, précisément organisés par quelques meneurs (Panis, Sergent, Billaud,...) pour terroriser, voler et éliminer quelques personnes gênantes. Leurs auteurs, faction d’Orléans et Cordeliers, se sont cachés derrière les peurs et la figure de Robespierre pour éviter d’être jugés.
  • Robespierre a été la victime indirecte des exactions commises par tous les imposteurs qui ont bousculé les institutions pour s’accaparer les biens en criant dès « 1789, silence aux pauvres » comme le rappelle utilement le petit livre d’Henri Guillemin. [9] Les « déchristianisateurs , Enragés et autres Exagérés » stipendiés par l’étranger et les possédants dont le seul but était le chaos et l’enrichissement personnel l’ont trouvé face à eux.Ils l’ont fait taire en l’exécutant et le calomniant, avec la même violence et la même impunité qui caractérisent ces nouveaux imposteurs, pseudo-défenseurs du peuple de Paris. Hébert fut un exemple, parmi bien d’autres, dénoncé par Desmoulin [10], Robespierre [11] et … l’Angleterre. [12]
  • L’Histoire a montré l’imposture de tous ces « prédicateurs intempestifs de la République universelle » dénoncés par Robespierre [13] qui s’attaquent au peuple et à la nation avec le soutien de ceux qui souhaitent démembrer la France. De la coalition animée par Pitt à la « cancel culture mondialiste », nos contemporains se doivent de disposer de grilles de lecture solides.
  • Un jour viendra peut-être où les hommes de bien ainsi que martyrs de la Commune et de la Révolution seront commémorés par tous les Français, et en paraphrasant le dernier mot de Robespierre « Le temps sera alors arrivé où les défenseurs de la liberté ne seront plus des proscrits, et la horde des fripons ne dominera plus… . »
Patrice Zahra co-secrétaire de l’ARBR

[1Note biographique Pierre Olivaint : Né le 22 février 1816 à Paris, Pierre Olivaint grandit dans une famille dite “d’incroyants”, mais qui lui inculque une éducation d’une grande droiture. Le décès prématuré de son père plonge sa famille dans l’indigence. C’est à l’âge de 20 ans, alors qu’il vient de réussir le concours de l’Ecole Normale supérieure, qu’il se convertit au christianisme. L’apostolat auprès des jeunes est central pour le Père Olivaint et il enseigne au sein du collège jésuite rue de Vaugirard à Paris de 1852 à 1865. Le souhait du jésuite était de former les jeunes à la vie publique et à la vie politique. Il les exhortait ainsi : “Si vous êtes poussé vers la carrière politique, il importe que vous y teniez un des premiers rangs. Dans un temps de révolution, il faut, par le savoir, le caractère, l’indépendance, s’élever au-dessus de tous les partis, pour ne voir que les intérêts du pays et se dévouer à son salut”.( Source : Iths, jésuites

[2Note biographique : Eugène Varlin, né le 5 octobre 1839 au hameau de Voisins, commune de Claye-Souilly (Seine-et-Marne), fusillé à Paris le 28 mai 1871, rue des Rosiers ; célibataire ; ouvrier relieur ; militant socialiste ; syndicaliste ; coopérateur ; un des dirigeants de l’Internationale en France ; élu membre de la Commune de Paris. (source : le Maîtron

[3Note de l’auteur n° 1 : Le flambeau et le poignard, les contradictions de l’organisation clandestine des libéraux français 1821-1827 Jean-Noel Tardy in Revue d’histoire moderne & contemporaine 2010/1 (n°57-1) pages 69 à 90

[4Note biographique pour Blanqui : Source : le Maitron

[5Note biographique pour Thiers : Source : « Le monde diplomatique »

[6Note biographique pour Giuseppe Mazzini : né le 22 juin 1805 à Gênes et mort le 10 mars 1872 à Pise, est un révolutionnaire et patriote italien, fervent républicain et combattant pour la réalisation de l’unité italienne. Il est considéré avec Giuseppe Garibaldi, Victor-Emmanuel II et Camillo Cavour, comme l’un des « pères de la patrie » Source : Wikipédia

[7 Note historique : carbonari Source encyclopédia universalis

[8Note de l’auteur n°2 : Révolution française. Histoire de dix ans 1830-1840 volume 1 page 72 73

[9 Note de l’auteur n° 3 : Henri Guillemin – « 1789 : silence aux pauvres ! » - édition Utovie 2012

[10Note de l’auteur n°4 : Dénonciation de Hébert par Desmoulin – Histoire parlementaire de la RF – volume 31 p.218 et s.

[11Note de l’auteur n°5 : Robespierre – Discours aux Jacobins contre le philosophisme et pour la liberté des cultes - 21 novembre 1793 : Condamnation de l’athéisme « …sous le prétexte de détruire la superstition, veulent faire une sorte de religion de l’athéisme lui-même. »

[12 Note de l’auteur n° 6 : Lionel D. Woodward dans sa thèse sur Miss Héléla Maria Williams, une Anglaise amie de la Révolution française. Montané, premier président du Tribunal révolutionnaire, avait désigné Chaumette et Julien de Toulouse comme étant des agents de l’Angleterre.Il ajoutait « J’ai oui dire que (John Hurford) Stone était lié à un anglais nommé Christie qui était très lié avec Chaumette, et que ce dernier le fit partir pour Londres deux heures avant que le décret sur les étrangers ne fût rendu » (AN, W47/3148) Il apparaît en effet, d’après les archives du recor Office à Londres, que Christie, chargé de mission à Paris, et John Hurford Stone - correspondant à Londres de son frère William - étaient bien des agents du gouvernement britannique, toujours en activité après la déclaration de guerre avec l’Angleterre. Menacé d’être arrêté à l’été 1793, Christie ne fut ni arrêté ni interrogé sur sa mission mais il obtint un sauf conduit pour la Suisse grâce à Pache et Chaumette. Hébert avait lui-même rencontré Christie, mais aussi Stone, le pasteur Marron ou la ci-devant comtesse de Rochechouart (habitante de Passy) chez son ami le banquier de Koch qui recevait dans sa villa à Passy le couple Hébert (Mme Hébert y faisait de longs séjours). C’est à Passy qu’Hébert côtoya les principaux agents du gouvernement anglais à Paris.
(fiche Hébert d’Olivier Blanc sur geneanet)

[13Note de l’auteur n°7 : Robespierre - Rapport à la Convention sur les principes du gouvernement révolutionnaire – 25 décembre (5 nivôse) 1793

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