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Les 20, 21 et 22 septembre 1792. Naissance de la République.

jeudi 12 avril 2018

La Convention signala par cet acte courageux l’ouverture de sa cession ; eh ! dans quel temps ! Lorsque nous étions sans armées, lorsque nos villes frontières étaient confiées à des royalistes, et par conséquent à des traîtres, lorsque le peuple, attaché à d’anciens préjugés, ne voyait qu’avec un sentiment d’effroi la chute de sa monarchie......

D’après J.B. Mercier, journal : « Paris pendant la Révolution »

La nouvelle Assemblée élue en septembre 1792 est une Assemblée qui a plus d’expérience que les précédentes, puisque sur 749 députés, 258 sont d’anciens Constituants ou Législateurs.

Pas de partis organisés, mais des forces politiques ou des tendances voire des groupes d’amis constituent cette nouvelle Assemblée. À droite, l’ancienne gauche de la législative, soit environ 165 députés, amis de Brissot et de Roland ; à gauche, les jacobins, vainqueurs du 10 août ; au centre, la masse, surnommée « la Plaine » ou le « Marais », sincèrement révolutionnaire, mais prudente et modérée de plus de 400 députés.
La « Plaine » soutiendra dans un premier temps la droite c’est-à-dire la Gironde (Brissot), puis la « gauche, la Montagne jacobine (une petite centaine de députés).

À la première séance, le 20 septembre aux Tuileries, l’Assemblée reçue par le dernier président de la législative, François de Neufchâteau, élit pour président Pétion proche de Brissot, puis prend possession de la salle du Manège.

Le 21 septembre, sur motion de Collot d’Herbois (Montagnard), la Convention abolit la royauté après un discours antimonarchique de Grégoire (La Plaine).

Le lendemain, 22 septembre, l’Assemblée décrète, que les actes publics seront datés de « l’an Ier de la République ».
C’est de cette façon « furtive » dit Robespierre que fut instituée la République.

Extrait du journal : « Paris pendant la Révolution »

« Qu’on se reporte à l’instant où la Convention ouvrit sa session. L’Assemblée législative venait de renverser le trône ; mais étonnée, étourdie en quelque sorte du grand coup qu’elle venait de porter, elle ne se sent plus en état de soutenir les destinées de l’empire, elle laisse à d’autres mains le pénible soin de profiter de la victoire, elle se retire environnée d’honorables ruines. Elle a renversé l’édifice de la monarchie ;, mais elle n’ose y rien substituer. Dans la personne d’un monarque, elle attaque tous les rois de l’univers ; mais cet effort sublime épuise son énergie ; elle présente à la France la royauté abattue, mais elle n’a point le courage de prononcer le nom de République.

La Convention signala par cet acte courageux l’ouverture de sa cession ; eh ! dans quel temps ! Lorsque nous étions sans armées, lorsque nos villes frontières étaient confiées à des royalistes, et par conséquent à des traîtres, lorsque le peuple, attaché à d’anciens préjugés, ne voyait qu’avec un sentiment d’effroi la chute de sa monarchie, si longtemps l’objet de son culte et de son affection ; lorsque les légions de la Prusse inondaient les plaines de la Champagne et pouvaient sans obstacle traverser la France, lorsque tout enfin semblait assurer que l’ennemi allait sous peu effacer dans le sang de ses auteurs le décret hardi qui transformait en République un pays envahi et à demi subjugué par les satellites des rois.
Il fallait défendre notre territoire, créer une armée, élever l’esprit public. Il fallait, sans finance, avec du papier, combattre ceux qui possédaient les trésors du Mexique. Il fallait opposer des milices naissantes, indisciplinées, aux phalanges les plus guerrières de l’Europe ; des généraux d’un jour, créés la veille de la bataille, aux plus habiles tacticiens.

Ces grandes créations furent l’ouvrage d’un moment. La voix du danger se fait entendre ; huit cent mille hommes quittent leurs foyers, s’arment, volent aux combats ; de nombreux ateliers s’élèvent dans toutes les places ; on fabrique le salpêtre, on prépare la foudre, on repousse l’ennemi au-delà de nos frontières ; le Français arbore l’étendard de la victoire sur le territoire étranger.
Jamais on n’opéra de si grandes choses avec de si faibles moyens ; jamais un Etat ne se trouva dans des circonstances aussi difficiles ; divisée dans l’intérieur, attaqué par l’Europe entière, déchirée par le fanatisme des factions, la Convention nationale a triomphé de tous ces obstacles réunis ».

Bernard Vandeplas, Docteur en Histoire Contemporaine.