Accueil > Connaître Robespierre > Le mythe « Robespierre » > Jean Jaurès et la Révolution Française.

Jean Jaurès et la Révolution Française.

jeudi 24 novembre 2016

« Ici, sous ce soleil de juin 93 qui échauffe notre âpre bataille , je suis avec Robespierre et c’est à côté de lui que je vais m’asseoir aux Jacobins"
Jean Jaurès.

Il y a un siècle Jean JAURES achevait son « HISTOIRE SOCIALISTE DE LA REVOLUTION FRANCAISE » plusieurs fois rééditée depuis.

À nous qui sommes tirer les leçons de l’histoire et tout particulièrement de cette période fondatrice du monde moderne il a paru intéressant de rappeler les premières lignes de l’introduction générale où Jean JAURES justifie son projet :

JPEG - 379.1 ko

« C’est du point de vue socialiste que nous voulons raconter au peuple, aux ouvriers aux paysans, les événements qui se développent de 1789 à la fin du XIX° siècle. Nous considérons la Révolution française comme un fait immense et d’une admirable fécondité ; mais elle n’est pas à nos yeux, un fait définitif dont l’histoire n’aurait ensuite qu’à dérouler sans fin les conséquences *. La Révolution française a préparé indirectement l’avènement du prolétariat. Elle a réalisé les deux conditions essentielles du socialisme : la démocratie et le capitalisme. Mais elle a été, en son fond, l’avènement politique de la classe bourgeoise.

Peu à peu le mouvement économique et politique, la grande industrie, la croissance de la classe ouvrière qui grandit en nombre et en ambition, le malaise des paysans écrasés par la concurrence et investis par la féodalité industrielle et marchand, le trouble moral de la bourgeoisie intellectuelle qu’une société mercantile et brutale offense en toutes ses délicatesses, tout prépare une nouvelle crise sociale, une nouvelle et plus profonde révolution où le prolétaires saisiront le pouvoir pour transformer la propriété et la moralité. C’est donc la marche et le jeu des classes sociales depuis 1789 que nous voudrions retracer à grands traits. Il est toujours un peu arbitraire de montrer des limites, des divisions tranchantes dans le progrès ininterrompu et nuancé de la vie. Pourtant, on peut, avec une suffisante exactitude, distinguer trois périodes dans l’histoire de la classe bourgeoise et de la classe prolétarienne depuis un siècle.

D’abord de 1789 à 1848 , la bourgeoisie révolutionnaire triomphe et s’installe. Elle utilise contre l’absolutisme royal et contre les nobles la force des prolétaires, mais ceux-ci malgré leur prodigieuse activité , malgré le rôle décisif qu’ils jouent en certaines journées, ne sont qu’une puissance subordonnée, une sorte d’appoint historique. Ils inspirent parfois aux possédants bourgeois une véritable terreur : mais au fond ils travaillent pour eux> ; ils n’ont pas une conception de la société radicalement différente : le communisme de Babeuf et de ses rares disciples ne fut qu’une convulsion sublime, le spasme suprême de la crise révolutionnaires avant l’apaisement du Consulat et du premier Empire. Même en 1793-94 les prolétaires étaient confondus dans le Tiers État ; ils n’avaient ni une claire conscience de la classe ni le désir ou la notion d’une autre forme de propriété… »

Dans la préface du livre de Valérie LECOULANT, sur « JAURES HISTORIEN DE LA REVOLUTION FRANÇAISE », Claude MAZAURIC écrit :

« En qualifiant de « socialiste » le magistral et impétueux récit de la Révolution, Jaurès revendiquait le droit de « porter dans le passé le parti pris du présent »…ce que les historiens jusqu’à lui, libéraux ou réactionnaires, radicaux ou démocrates, monarchistes ou républicains, avaient toujours plus ou moins fait au service d’une cause mais le plus souvent sans le dire parfois en le niant : Jaurès, lui, eut l’audace et le panache d’affirmer la légitimité de ce choix.