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Une nation une et indivisible

Un article de Bernard Vandeplas docteur en Histoire contemporaine

mardi 28 avril 2026

En mettant à bas les fondements de la société d’Ancien régime et de la monarchie absolue, la Révolution a donné naissance à une nouvelle organisation politique et sociale. Sieyès participe pleinement à cette nouvelle organisation dans les premier temps de la Révolution.

L’abbé Sieyès, en 1790 écrit :

« La France ne doit point être un assemblage de petite nations, qui se gouverneraient séparément en démocraties ; elle n’est point une collection d’Etats ; elle est un tout unique, composé de parties intégrantes ; ces parties n’en doivent point avoir séparément une existence complète, parce qu’elles ne sont point des touts simplement unis, mais des parties ne formant qu’un seul tout. Cette différence est grande … Tout est perdu, si nous nous permettons de considérer les municipalités qui s’établissent, ou les districts, ou les provinces, comme autant de républiques unies seulement sous les rapports de force ou de protection commune. Au lieu d’une administration générale … , nous n’aurons plus, dans l’intérieur du royaume, hérissé de barrières de toutes espèces, qu’un chaos de coutumes, de règlements, de prohibitions particulières à chaque localité [1]. »

En mettant à bas les fondements de la société d’Ancien régime et de la monarchie absolue, la Révolution a donné naissance à une nouvelle organisation politique et sociale. Sieyès participe pleinement à cette nouvelle organisation dans les premier temps de la Révolution.

Sieyès, Emmanuel Joseph est né à Fréjus en 1748, et décédé à Paris en 1836. Il rédige plusieurs essais en 1788 et obtient la célébrité avec sa brochure « Qu’est-ce que le tiers état ? » publiée en 1789. Il apparaît à la Constituante comme un Patriote modéré. Elu à la Convention en 1792, il siège dans les rangs de la Plaine. Ses écrits, notamment ses manuscrits aujourd’hui redécouverts, en font non seulement un philosophe important, mais aussi un législateur philosophe, que Marx n’hésitera pas à qualifier d’inventeur de la langue politique moderne [2]. Il est donc, un homme politique important dans le déroulement de la Révolution et ses réflexions dans la construction de la nouvelle France restent fondamentales.

Bernard Vandeplas, docteur en Histoire contemporaine.

[1Seyès, Archives parlementaires, 1790.

[2Michel Biard, Philippe Bourdin, Silvia Marzagalli, « Révolution, Consulat, Empire, dans l’Histoire de France sous la direction de Joël Cornette, Paris, édition Belin, 2010. P. 680 (notices biographiques).