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Lantrac : un Montagnard Agent national dans le Gers.
Bernard Vandeplas docteur en Histoire contemporaine
vendredi 24 avril 2026
Ferme dans ses dires, Lantrac représente le parfait Agent national Montagnard. Il tient d’une main vigilante les administrations, menace les fonctionnaires si leur zèle faiblit.
Il restera, par ses convictions, un homme de l’époque révolutionnaire, contre la Monarchie et partisan d’un régime de liberté.
Agent national, destitué en Thermidor, après la chute de Robespierre. En 1815, nommé représentant pendant les 100 jours, prévenu d libéralisme en 1815, incarcéré en janvier 1816, interné à la Rochelle et rentré à Auch en 1816. Il meurt en 1848.
un Montagnard Agent national dans le Gers [1]
L’Agent national Lantrac écrit aux officiers municipaux du département du Gers, le 24 germinal an II (13 avril 1794) :}}
« Nommé Agent national près du district, par le Représentant du peuple Dartigoeyte, j’ai dû cette nomination à l’assentiment unanime de la Société populaire d’Auch, à quelques services rendus à la chose publique, à quelques dangers que j’ai courus pour assurer le triomphe de la Montagne, et défendre la cause de la liberté.
Ne connaissant mon existence que par celle de la loi ; n’ayant d’autre désirs que celui d’imprimer, aux fonctions qui me sont déléguées, l’activité révolutionnaire ; je vous dois une profession franche de mes principes ; elle vous tracera la marche que vous devez suivre dans les correspondances journalières que vous devez entretenir avec moi.
J’aime le bien avec passion ; c’est vous dire assez, que je ne veux point que la responsabilité des fonctionnaires publics ne soit qu’un vain nom ; que je serai toujours prêt à seconder de tous mes moyens les municipalités révolutionnaires, à sévir contre celles qui trahiraient la cause du peuple par une apathie criminelle.
Vous devez à la patrie compte de vos opérations. Ce compte court et précis, doit être en même temps le témoin et le juge de vôtre zèle.
N’oubliez pas que la hache de la loi se balance aujourd’hui sur toutes les têtes : tout courbe sous elle ; l’incorruptible vertu, l’infatigable vigilance demeurent seules debout.
Pénétrez-vous de l’importance de fonctions qui vous sont déléguées ; marchez d’un pas rapide et ferme dans la carrière révolutionnaire, avec la certitude, que la Patrie décernera des récompenses à votre zèle, si vous la servez en vrais Républicains. Mais s’il était possible que vous perdissiez un seul instant de vue le but où doivent tendre vos efforts ; si, plongés dans une insouciance léthargique, vous entraviez, par votre silence, les opérations essentielles au salut de la chose publique ; souvenez-vous que mes yeux sont ouverts, et que la peine décernée par la loi contre les fonctionnaires inertes, s’appesantira sur vos têtes, et vengera la liberté de l’outrage que vous lui aurez fait.
Chargé de fixer sur votre compte l’opinion publique, il me serait bien doux de n’avoir que des éloges à donner à votre vigilance. Salut et Fraternité, Lantrac [2]. »
Ferme dans ses dires, Lantrac représente le parfait Agent national Montagnard. Il tient d’une main vigilante les administrations, menace les fonctionnaires si leurs zèles faiblis. Il est après le Représentant du peuple, l’homme le plus important au niveau local. Sa fonction est donc un rouage majeur du gouvernement révolutionnaire. Il restera attaché à ses convictions, même après Thermidor an II, puis lors du retour de la monarchie en 1815. La Monarchie restera son ennemi. Pour preuve, s’il en était cette lettre de Mr de Caze, Ministre secrétaire d’état au département de la police général du royaume le 25 août 1815 :
« Monsieur le préfet, des renseignements confidentiels qui me sont transmis par un fonctionnaire public de votre département signalent sous les rapports les plus défavorables de Sr ; Lantrac médecin à Auch.
On assure que cet homme qui s’est fait remarquer par son exaltation dans les orages révolutionnaires et dans ces derniers temps par un dévouement sans bornes à la cause de Bonaparte, agit encore ouvertement dans les intérêts de ce parti ; qu’il colporte sans cesse des nouvelles alarmantes et se permet journellement les plus violentes déclarations contre l’ordre établi et contre la personne de sa majesté. On regarde enfin, l’éloignement de Lantrac comme l’unique moyen d’améliorer l’opinion dans ce département [3]. »
Il restera par ses convictions, un homme de l’époque révolutionnaire, contre la Monarchie et partisan d’un régime de liberté.
[/Bernard vandeplas docteur en Histoire contemporaine.]
[1] Lantrac, François Michel, est né à Saramon (Gers), le 25 juillet 1760, habitait Paris en 1789 ; à la Révolution il fit partie de l’administration communale de Saramon en qualité de Procureur, fut nommé membre du Conseil du département en 1791, puis membre du Directoire du département (toujours en 1791). Procureur général syndic en 1792 maintenu en 1793. Agent national en frimaire an II, puis nommé le 12 octobre 1793, par Dartigoeyte, membre du Comité de surveillance.
Agent national, destitué en Thermidor, après la chute de Robespierre. En 1815, nommé représentant pendant les 100 jours, prévenu d libéralisme en 1815, incarcéré en janvier 1816, interné à la Rochelle et rentré à Auch en 1816. Il meurt en 1848.
[2] A.D. du Gers, Dbi 549.
[3] A.D. du Gers, Dbi 549.

