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Jean-Paul Marat et la première description de l’astigmatisme
Par Irena Wilczur
mercredi 8 juillet 2026
Jean-Paul Marat (1743–1793), célèbre figure de la Révolution française de 1789–1793, s’était consacré, avant les événements révolutionnaires, à la science et à la pratique de la médecine. C’est précisément Marat qui publia le premier la description d’un cas clinique d’astigmatisme, en décrivant l’un des symptômes caractéristiques de cette affection.
Jean-Paul Marat (1743–1793), célèbre figure de la Révolution française de 1789–1793, s’était consacré, avant les événements révolutionnaires, à la science et à la pratique de la médecine. C’est précisément Marat qui publia le premier la description d’un cas clinique d’astigmatisme, en décrivant l’un des symptômes caractéristiques de cette affection.
Dans son traité ’Singular Disease of the Eyes’, rédigé en anglais en 1776, il donne la description d’une maladie des yeux inconnue à cette époque et y observe l’un des symptômes d’une affection oculaire qui sera plus tard appelée « astigmatisme ».
Bien que la première description de l’astigmatisme en tant que tel ait été donnée par Thomas Young (1773–1829) en 1801, lorsqu’il remarqua ce défaut visuel chez lui-même et démontra expérimentalement que sa cause résidait dans la différence de pouvoir réfractif de l’œil selon les différents méridiens, c’est son travail qui posa les fondements de l’étude scientifique de l’astigmatisme.
Début de la description de la maladie dans l’édition originale de 1776 :
’Among the various Diseases affecting the EYES, there is one still unknown, which Practitioners have hitherto confounded with the Gutta Serena. These are its characteristic Symptoms :—The Eye (when touched) becomes somewhat painful, without any apparent Cause ; a Pression or Stiffness is felt inwardly ; the lateral Motions of its Globe are performed with Difficulty ; near situated Objects can no longer be seen ; remote ones alone are distinguished at a fixed Distance, and even these imperfectly.’
Traduction française :
« Parmi les diverses maladies qui affectent les yeux, il en est une qui demeure encore inconnue et que les praticiens ont jusqu’à présent confondue avec la gutta serena. En voici les symptômes caractéristiques : l’œil (lorsqu’on le touche) devient quelque peu douloureux sans cause apparente ; une sensation de pression ou de raideur se fait sentir à l’intérieur ; les mouvements latéraux du globe oculaire s’effectuent avec difficulté ; les objets rapprochés ne peuvent plus être vus ; seuls les objets éloignés sont distingués à une certaine distance fixe, et encore imparfaitement. »
Analyse historique
Or, c’est précisément cette phrase tirée du traité de Marat, « ... seuls les objets éloignés sont distingués à une certaine distance fixe, et encore imparfaitement », qui décrit l’un des symptômes de l’astigmatisme. Plus précisément, ce signe — la dépendance de la netteté de l’image à l’orientation de l’objet — est considéré comme une manifestation classique de l’astigmatisme.
Marat ne parvint pas à expliquer la cause du symptôme décrit ci-dessus. Cette explication n’apparut qu’un quart de siècle plus tard dans les travaux de Thomas Young.
Référence dans la littérature scientifique
Dans plusieurs études historiques (en particulier celles faisant référence à une note publiée dans la revue Nature le 16 décembre 1939), il est indiqué que Marat donna cette première description de l’astigmatisme :
’In 1776 he made an important contribution to ophthalmology in his ’Enquiry into a Singular Disease of the Eyes’, in which, as Prof. True of Montpellier has shown, he gave a description of astigmatism which preceded the classical account of Thomas Young by more than twenty years.’
Ainsi, sur la base de cette étude, on peut supposer que Marat observa effectivement l’un des symptômes de l’astigmatisme dans son traité, décrivant ainsi, le premier, l’un des symptômes de cette affection, tandis que Thomas Young fut le premier à expliquer et à étudier l’astigmatisme en tant que phénomène optique.



