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À propos de la sauvegarde et la restauration du patrimoine révolutionnaire.

mardi 7 avril 2026

1- Michel Benoit : historien et écrivain, membre du Conseil d’administration et du conseil scientifique de l’ARBR
2- Daniel Jouteux, contribution personnelle, Société des Amis de la RF Club-Levasseur de la Sarthe
3- Bruno Decriem, Vice-président de l’ARBR
4- Brigitte Dionnet, docteure en histoire moderne et contemporaine membre du CS de l’ARBR

Michel Benoit, membre du CA et du CS de l’ARBR

Michel Benoit

Bien qu’adhérent de l’ARBR, qui s’est exprimé sur ce sujet, et dont je partage l’avis, c’est à titre personnel que je vous envoi ce message concernant le manuscrit des institutions républicaines de Saint-Just.

Vous demandez un soutien pour la restauration d’un manuscrit d’une grande importance historique. En qualité d’Historien, je considère qu’il n’y a de débat à avoir sur le principe à aider une association comme celle des amis de Saint-Just à financer le sauvetage d’un document que je considère être de la plus haute importance.
Compte tenu du montant en présence, je souhaiterais obtenir plus de précision sur le cout réel de cette restauration, et savoir pourquoi la BNF ne prend pas à sa charge les frais des travaux à effectuer, s’agissant d’un document concernant le patrimoine national. Si ce document est abrité par la BNF, car public, il devrait être pris en charge par le ministère de la Culture. C’est pourquoi, il serait important de connaître les véritables raisons de cet appel aux dons. Il est scandaleux de devoir avoir recours à l’aide privée alors que la réfection d’autres documents tels que le manuscrit du célèbre roman de Céline « Voyage au bout de la nuit » mis aux enchères à Drouot, fut acheté par la bibliothèque nationale de France pour un montant de 12 millions de francs.

Le ministère de la Culture et les services du patrimoine manquent à tous leurs devoirs dans cette affaire et par leur inaction face aux réparations exigées pour la conservation de ce document ont choisi de privilégier les fonds privés à l’obligation publique. Cette décision est grave, car elle pourrait faire jurisprudence dans l’avenir et hôter toute neutralité d’action dans les actions à mener pour demain ( finançant par le public les documents considérés comme conformes à la politique du moment et laissant au privé le soin d’acquiter les factures des documents ou autres objet du patrimoine national par un sponsoring limité qui amènerait à l’abandon des travaux nécessaires ).

Je pense qu’un débat devrait être ouvert avec toutes les associations historiques afin de protester publiquement contre ces manœuvres et en informer tous les adhérents et amoureux de l’Histoire. Une pétition pour soutenir cette action pourrait même être envisagée.

En vous souhaitant une belle journée,

Salut et fraternité ! Michel Benoît

Société des amis de la Révolution française (SARF)
Club René Levasseur de la Sarthe

Cher ami,
Je précise que cette contribution est toute personnelle, avant que nos instances puissent se réunir pour en débattre.
Ce débat me semble en effet très important.
Ne pourrait-il pas être l’objet d’une table ronde lors de notre IVe Congrès national des Sociétés amies de la Révolution française qui se déroulera au Mans le 26 septembre prochain au cours duquel la question de la sauvegarde du patrimoine révolutionnaire sera à l’ordre du jour ? Pourrions-nous envisager une prise de position collective en direction de la BNF pour la sauvegarde de ce manuscrit de Saint-Just ? …

Salut & fraternité.

Bruno DECRIEM, vice-président de l’ARBR"

Bruno Decriem
au second plan
avec Christian Lescureux
Coll. personnelle ARBR

« La sauvegarde et la bonne conservation des manuscrits de la période
révolutionnaire doit être une priorité du ministère de la culture et des fonds
publics des bibliothèques et lieux d’archives : BNF, Archives Nationales,
Archives départementales, Bibliothèques municipales, etc.

Le professionnalisme des personnels de ces lieux d’archives est remarquable et
j’ai très souvent eu recours à leurs services ( particulièrement ceux des AN de
Pierrefitte sur Seine en ce qui me concerne). Merci à eux qui facilitent le
travail des historiens et des chercheurs.

Tous ces documents de notre période révolutionnaire sont notre patrimoine
national, et les conserver nécessite parfois des restaurations ! Ces coûts
souvent élevés doivent être les priorités des fonds publics de l’Etat.

J’attire aussi l’attention sur la vente de documents révolutionnaires par des
personnes privées, issus souvent de collections privées constituées il y a
longtemps ! Ils sont souvent passionnants et même fondamentaux ! L’Etat et les
institutions territoriales dédiées devraient s’en porter acquéreurs pour la
connaissance de la Révolution, la mise à disposition aux historiens et donc le
bien collectif de tous !

Ainsi par exemple, en ce moment, sur une site de ventes aux enchères, plusieurs
lettres absolument extraordinaires et émouvantes de Billaud-Varenne lors de sa
déportation par les Thermidoriens. »

Brigitte Dionnet Docteure en histoire

Complètement d’accord : les crédits pour des travaux historiques doivent être de la responsabilité nationale. Les choix gouvermentaux en matière de budget portent atteinte à la connaissance et au travail historique comme l’a montré la fin de l’IHRF en sorbonne et les attaques contre le professeur Serna.
Salut et sororité

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