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Un dossier de la revue « L’HISTOIRE » à propos du plus glorieux fils d’Arras.

mercredi 22 mars 2017

« L’Histoire » est une revue mensuelle particulièrement lue par les enseignants, les étudiants et les amateurs d’histoire. Considérée comme « sérieuse », cette revue a malheureusement souvent relayé les idées dominantes du moment.

En 1994, un scandaleux dossier consacré à Robespierre intitulé « Portrait d’un tyran » rédigé par Furet et ses élèves m’avait décidé à faire paraître dans le courrier des lecteurs un rectificatif au nom de l’ARBR

UN DOSSIER DE L’HISTOIRE SUR « LE PLUS GLORIEUX FILS D’ARRAS »,

LE 9 THERMIDOR, LA CHUTE DE ROBESPIERRE.

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« L’Histoire » est une revue mensuelle particulièrement lue par les enseignants, les étudiants et les amateurs d’histoire. Considérée comme « sérieuse », cette revue a malheureusement souvent relayé les idées dominantes du moment.

En 1994, un scandaleux dossier consacré à Robespierre intitulé « Portrait d’un tyran » rédigé par Furet et ses élèves m’avait décidé à faire paraître dans le courrier des lecteurs un rectificatif au nom de l’ARBR

Avec ce numéro 433 de mars 2017, on pouvait craindre le pire. Et divine surprise, preuve en est que nous avançons, il n’en est rien !

Certes l’édito anonyme reprend les vieilles rengaines thermidoriennes. Robespierre incarne la face noire, le « dérapage » dans la terreur. Il fallait donc qu’il meure pour que la terreur prenne fin.

Les articles du long dossier principal de 27 pages consacré au « 9 thermidor an II- La chute de Robespierre » sont d’une tout autre facture.

Ce sont les derniers biographes en date qui signent de très intéressants articles soucieux d’interroger les sources originales et de rétablir certaines vérités.

1 : Jean-Clément Martin relate avec précision la chronologie du coup d’État. Il rappelle avec justesse que la responsabilité des Comités dans la mise en place de la Terreur et non du seul Robespierre. Il s’interroge longuement sur les nombreuses manipulations de Vadier, puissant membre du Comité de Sûreté général, au printemps 1794 afin de discréditer Robespierre.

2 : Hervé Leuwers répond à la question qu’il énonce lui-même : « Avril-Juillet 1794. Avait-il vraiment perdu la confiance du peuple ? » Montrant que son extrême popularité doublée d’une haine farouche contre lui date du début de la Révolution, dès 1790, il répond par la négative. Après le 9 thermidor et malgré la légende noire thermidorienne « Ni en 1794, ni dans les premières années du XIXe siècle, Robespierre n’a perdu la confiance de tous. » Leuwers rappelle également avec justesse que la rivalité Danton-Robespierre est nettement à nuancer, du moins jusqu’en mars 1794.

3 : Marc Bellissa et Yannick Bosc reviennent sur l’évolution de la légende noire de Robespierre et constatent que les élucubrations récentes de Onfray ne sont que du « rabâchage thermidorien. » Analysant l’image de Robespierre jusqu’à nos jours, ils insistent sur « 4 moments Robespierre. »

Autour de la Révolution de 1830, les travaux érudits de Jaurès-Mathiez entre 1900 et 1936, la normalisation de l’image du personnage autour de mai 68, et en 2011 lors des achats des manuscrits inédits. Ce dernier « moment Robespierre » est valorisé par les révolutions arabes et la dénonciation de la corruption chez certains de nos politiques.

Quelques extraits de discours de Robespierre, de documents divers judicieux, une analyse de l’étude de Robespierre en Angleterre par colin Jones, une bibliographie convenable complètent ces articles qui donnent quelques dates clefs afin de s’interroger sur le Robespierre de l’an II, les raisons de sa politique et de sa popularité ainsi que de sa chute.

Un regret : l’ARBR aurait pu être mentionné ! Ses combats ont sans nul doute permis une approche plus rigoureuse et scientifique de Robespierre et de son œuvre. Ce dossier de « L’Histoire » en est une parfaite illustration.

Bruno DECRIEM


Voir en ligne : Le site de la revue