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Un Robespierre selon Stéphane Bern, mensonge imposé par le service public.

jeudi 4 mai 2017

L’émission « Secret d’Histoire » présenté par Stéphane Bern sur France 2, chaîne du service public financée par la redevance TV est diffusée à une heure de grande écoute. Consacrée à l’Histoire, elle présente en fait uniquement la vie romancée des Grands de ce monde, rois, reines et seigneurs, leurs petits tracas quotidiens, dans leurs palais et châteaux somptueux et leurs secrets d’alcôve alimentant le côté voyeur et souvent un brin démagogique de l’émission, le tout filmé dans des châteaux resplendissants d’or et de dorures construits par le sang du peuple !

Dans une chanson de 1991, Jean Ferrat dénonçait déjà, à juste titre, cette approche partisane de la Révolution à propos du « Bicentenaire » :

« J’ai vu des ducs j’ai vu des princes

Des barons des comtes des rois

Des marquises à la taille mince

Qui dansaient au son des hautbois

Dans des châteaux pleins de lumière

Où les fêtes resplendissoient

Mais dans sa chaumière

Je n’ai pas vu Pauvre Martin

Pauvre Martin pauvre misère

Avec sa femme et ses gamins »

Cet été 2016, deux émissions étaient consacrées à la Révolution française.

La première choisissait Danton comme « Héros de la Révolution ».

La seconde consacrait les femmes de la Révolution où se côtoyaient des figures aussi différentes que Théroigne de Méricourt, Olympes de Gouges, Charlotte Corday, mesdames Tallien, Roland et de Staël dans un grand fourre-tout.

Un seul point commun finalement dans ces émissions, c’est la présentation sanguinaire de Robespierre, responsable de la grande Terreur, sans humanité et inaccessible, toujours prêt à verser le sang d’innocentes victimes persécutées !

Ces émissions, « grand public », financées avec l’argent du contribuable, que nous sommes, se complaisent à montrer un Robespierre digne du rapport Courtois et des pamphlets thermidoriens, totalement opposé à la vérité. Ces émissions qui perpétuent la légende noire, mensongère et calomniatrice sur Robespierre ne grandissent pas leurs auteurs.

Aucun des travaux sérieux et scientifiques consacrés à l’étude de l’Incorruptible depuis deux siècles n’est utilisé. Les historiens qui cautionnent de leur présence ces émissions sont d’obédience contre-révolutionnaire, quand ils sont réellement historiens d’ailleurs.

Surprenant, on y a vu Jean-Clément Martin discourir sur la beauté de madame Tallien ! Parodiant Molière, nous pourrions dire : « Mais que diable allait-il faire dans cette galère ? »

Bruno DECRIEM (membre du Comité de l’ARBR)