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Terreur ! de Michel Biard et Marisa Linton

Note de lecture de Bruno Decriem

mercredi 15 avril 2020

DANS LES LIBRAIRIES ;
TERREUR !
DE MICHEL BIARD ET MARISA LINTON
.

C’est le livre qu’on attendait depuis longtemps ! Une analyse scientifique, précise, honnête et équilibrée sur cette période de la Révolution française si polémique de la « terreur ».

Les deux coauteurs sont deux des plus grands spécialistes de la Révolution française, Michel Biard, professeur à l’Université de Rouen-Normandie et ancien président de la Société des Études Robespierristes et Marisa Linton, professeure à l’Université de Kingston-Londres et qui notamment participa en novembre 2017 à notre colloque d’Arras sur la République.

Les mérites de cet ouvrage-référence sont immenses. Nous nous bornerons à n’en citer que quelques uns.

La « terreur » ( sans le T majuscule qui ne s’impose qu’au XIXe siècle) est longuement et finement analysée, dans une période qui remonte à celle de l’Ancien Régime. Elle est la conséquence, sous la Révolution, d’une aggravation des situations intérieure et extérieure de la France. Les évolutions de la guerre, de la contre-révolution et les pressions populaires sans-culottes ainsi que l’importance des émotions, parmi de nombreuses autres raisons, ont imposé progressivement aux révolutionnaires de la Convention des « mesures d’exception », « extraordinaires » et « révolutionnaires ».

Le livre contextualise parfaitement les mesures prises en 1793-1794.

Les différentes manifestations de la « terreur », militaire, politique, économique,etc. sont analysées avec une grande pertinence.

Notons que les Girondins sont les responsables de la dénonciation de « l’inviolabilité parlementaire » à la Convention, qui entraînera l’élimination de factions successives sous l’an II.

Les auteurs montrent que « le système de la « terreur » » a été inventé par les thermidoriens, Tallien en fructidor, afin de dédouaner la Convention de ses responsabilités dans cette période, et de faire de Robespierre un « bouc-émissaire commode ». Cette invention aura malheureusement, on le sait, de beaux jours après elle.

L’ouvrage n’élude aucun sujet et présente les bilans chiffrés et autres de la « terreur ». Ces bilans sont d’ailleurs contrastés notamment en raison de la géographie des évènements. Les cas essentiels et « extrêmes » de Paris et de la « Vendée » sont particulièrement étudiés.

L’ouvrage est non seulement une analyse précise et objective de plus de deux siècles d’historiographie souvent controversée, mais il présente des pistes de réflexions équilibrées et nuancées.

Dans une conclusion remarquable, les auteurs démontrent comment la Convention thermidorienne s’est auto-amnistiée en chargeant Robespierre et sa « queue » du « règne de la « terreur » ». En réintégrant progressivement une centaine de Girondins et de députés modérés, la Convention a liquidé les derniers Montagnards et par le décret des deux-tiers s’est maintenue au pouvoir dans les deux chambres du Directoire, évitant durant toute la période de trop regarder « les fantômes qui hantent la salle de la Convention » de peur d’y retrouver sa propre culpabilité.

Un appareil critique étoffé (de très nombreuses notes bibliographiques), une riche bibliographie mise à jour, des repères chronologiques sur les années de la Convention, des cartes judicieuses, complètent utilement les qualités de l’ouvrage, qui fera date, assurément !

A lire , par tous les robespierriste , et aussi par ceux qui ne le sont pas !

Les notes complètes de Bruno Decriem

Bruno DECRIEM
Membre du Comité de l’ARBR

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