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Robespierre et le droit de propriété

Extraits

mercredi 11 septembre 2019, par Alcide CARTON_1

DÉCLARATION DES DROITS :
PROPOSITIONS DE ROBESPIERRE EXTRAITS
1793

Je vous proposerai d’abord quelques articles nécessaires pour compléter votre théorie sur la propriété. Que ce mot n’alarme personne : âmes de boue, qui n’estimez que l’or, je ne veux point toucher à vos trésors, quelqu’impure qu’en soit la source. [...]

Demandez à ce marchand de chair humaine ce que c’est que la propriété ; il vous dira, en vous montrant cette longue bière qu’il appelle un navire, où il a encaissé & ferré des hommes qui paraissent vivants : « Voilà mes propriétés ; je les ai achetés tant par tête. » Interrogez ce gentilhomme qui a des terres & des vassaux, ou qui croit l’univers bouleversé depuis qu’il n’en a plus, il vous donnera de la propriété des idées à peu près semblables. Interrogez les augustes membres de la dynastie capétienne ; ils vous diront que la plus sacrée de toutes les propriétés est sans contredit le droit héréditaire dont ils ont joui de toute antiquité, d’opprimer, d’avilir & de pressurer légalement & monarchiquement les vingt-cinq millions d’hommes qui habitaient le territoire de la France, sous leur bon plaisir.

Aux yeux de tous ces gens-là, la propriété ne porte sur aucun principe de morale.

Elle exclut toutes les notions du juste et de l’injuste. Pourquoi votre déclaration des droits semble-t-elle présenter la même erreur ? [...] Vous avez multiplié les articles pour assurer la plus grande liberté à l’exercice de la propriété, & vous n’avez pas dit un seul mot pour en déterminer le caractère légitime ; de manière que votre déclaration paraît faite, non pour les hommes, mais pour les riches, pour les accapareurs, pour les agioteurs & pour les tyrans. [...]

Art. 7

Le droit de propriété est borné, comme tous les autres, par l’obligation de respecter les droits d’autrui

Art. 8

Il ne peut préjudicier ni à la sûreté, ni à la liberté, ni à l’existence, ni à la propriété de nos semblables.

Art. 9

Toute trafic qui viole ce principe, est essentiellement illicite et immoral.

Art. 10

La société est obligée de pourvoir à la subsistance de tous ses membres, soit en leur procurant du travail, soit en assurant les moyens d’exister à ceux qui sont hors d’état de travailler.

Pour lire l’ensemble de ses propositions, c’est ici