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Robespierre, bourreau de la Vendée ?

Une mise au point de Dominique MUTEL, après un documentaire diffusé sur FR3 le 7 mars 2012

lundi 13 février 2012

Robespierre, bourreau de la Vendée ?

L’histoire, telle qu’elle nous est transmise, bien souvent n’éclaire que partiellement des faits ou des hommes tant les clichés, les idées reçues entretenues pendant des années s’impriment durablement dans les esprits comme les ombres de la caverne au point que la vérité sur tel ou tel personnage a du mal à s’imposer car il y a un certain confort dans le lâche assoupissement intellectuel à toujours se nourrir d’images d’Epinal.

L’émission du mercredi 7 mars 2012, [ retransmise 4 fois depuis , NLDR...] sur FR3, intitulée : Robespierre, bourreau de la Vendée ? participe de cette vision dogmatique et étriquée.
Demandez à quoi fait penser le nom de Robespierre et aussitôt on vous répondra : la Terreur…et maintenant criminel de guerre !

La Vendée et son martyrologue, ses chœurs éplorés conduits par messieurs De Villiers et Madelin, ses petits mouchoirs de Cholet, ses messes à la mémoire de ce pauvre Louis XVI qui spéculait à la veille de la Révolution sur le prix du blé (CF Michelet, la Pléiade tome 1) alors que le peuple mourait de faim et de Marie-Antoinette qui ne cessait de conspirer avec les armées ennemies, attitude rappelant dans une troublante constance de classe le « je souhaite la victoire de L’Allemagne » de Laval, une fois encore est à l’honneur.

Ainsi Robespierre est tenu responsable du massacre des Vendéens. Cependant, des études historiques dignes de ce nom, notamment celles de Michelet dans sa Révolution française, tome 2, montrent la complexité de ce drame qui devrait chasser toute idée préconçue quant aux responsabilités. Dans ce mouvement d’insurrection, alors que la République était menacée par les armées prussiennes et autrichiennes, sans parler de l’Angleterre, il est prouvé historiquement, étayé par des documents authentiques que la responsabilité essentielle en incombe aux nobles, à la bourgeoisie spéculatrice et aux prêtres réfractaires qui ont sans relâche alimenté la haine et l’agitation dans cette partie de la France.

Des gens comme Charette, Cathelineau ou La RocheJaquelein ont mené des actions où l’horreur le disputait à la barbarie : des Bleus jetés vivants dans des fours ou enterrés vifs, crucifiés aux portes des maisons, mutilés avant d’être égorgés. Ces abjections étaient d’autant plus insoutenables qu’elles s’inspiraient de l’amour de Dieu alors que les Bleus, dans leurs sanglantes répressions, le faisaient pour sauver la République. Curieusement, cette terreur qui devait peu après le 9 thermidor se prolonger dans la Terreur blanche, autrement plus ravageuse que la période de la Terreur révolutionnaire, ne trouve pas d’écho d’indignation dans l’esprit des gens aujourd’hui et les cœurs si compatissants pour les malheurs vendéens se ferment avec dureté et sectarisme quand il s’agit de ceux de la République !

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Salir à ce point la mémoire de Robespierre, le faire passer pour un tortionnaire, dénote un tortueux état d’esprit qui refuse toujours l’idée même de révolution sociale.

Dans cette affaire, Robespierre a agi en homme d’Etat et fut contraint par des forces destructrices liées à l’argent, à l’anti républicanisme, de choisir la répression pour sauver la Révolution. Il est bon de rappeler que l’Incorruptible était conscient de ces atrocités, qu’il n’a cessé de combattre ceux qui voulaient déclencher d’autres Vendée jusqu’à rappeler de mission Carrier après le siège de Nantes.

De nos jours, où toutes les vertus politiques tendent à se valoir, où l’idée du bien public s’affadit dans de faciles arrangements, il est nécessaire et surtout juste de défendre la mémoire d’un homme dont la constance dans les principes, le rejet des prévarications, le mépris pour les faux démocrates devraient inspirer aujourd’hui, alors que nous sommes en campagne électorale, les citoyens qui se sentent perdus mais qui croient instinctivement que la République laïque, fraternelle, une et indivisible de Robespierre est d’une actualité et d’une nécessité aiguës.


Charles Moreau-Vauthier : La Mort de Bara

« VIVE ROBESPIERRE. VIVE LA REPUBLIQUE. »

Le 17 Mars 2012.

Dominique MUTEL.Citoyen du Pas de Calais.