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Les journées d’octobre 1789 vues par Marat.

mardi 18 août 2015

Voici comment Marat résume les journées d’octobre 1789 dans son journal L’Ami du Peuple, n° 27.
L’Ami du peuple fit son apparition le 12 septembre 1789 et devint après quelques semaines un des journaux les plus importants et les plus violents.
À plusieurs reprises, l’Ami du Peuple sera interdit. Marat, poursuivi, arrêté même, puis relâché, dut mener une vie errante jusqu’en avril 1792.

Les journées d’octobre 1789 vue par Marat.

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Portrait de Marat, l’Ami du Peuple

Dans son journal L’Ami du Peuple, n° 27, Marat résume les journées d’octobre 1789. L’Ami du peuple fit son apparition le 12 septembre 1789 et devint après quelques semaines un des journaux les plus importants et les plus violents. A plusieurs reprises, l’Ami du Peuple sera interdit. Marat, poursuivi, arrêté même, puis relâché, due mener jusqu’en avril 1792 une vie errante.

Voici la définition de son attitude que Camille Desmoulins dit tenir de Marat lui-même :
« J’ai mis contre moi le gouvernement, les princes, le clergé, la noblesse, le Parlement, la municipalité, le Châtelet… Les financiers, les agioteurs… Et l’armée innombrable des ennemis du Bien Public. Et pourquoi ?… Pour le Peuple, le pauvre épuisé de misère. » (Journal : Révolution de France et de Brabant).

Voici donc comment Marat résume les journées d’octobre 1789 :

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Femmes du peuple se rendant à Versailles octobre 1789

5 octobre 1789  : 
Un peuple immense s’étant porté de Paris à Versailles. Les femmes ont rempli en un instant la salle des États. Parlant toutes à la fois, elles demandaient à grands cris que l’Assemblée fixât le prix du pain à deux sous la livre et à huit celui de la viande. Au milieu de ces clameurs, il était impossible de prendre aucune résolution. En vain le Comte de Mirabeau a-t-il ajouté à la lecture de l’ordonnance qu’il portait : « Je suis sensiblement touché de l’insuffisance de l’approvisionnement de Paris ; je continuerai à seconder le zèle et les efforts de la municipalité de ma capitale par tous les moyens et les ressources qui sont en mon pouvoir. »

Quant à l’ordonnance, elle prescrit à toutes les municipalités voisines de laisser passer librement les blés et farines destinées à l’approvisionnement de Paris, dont il autorise la municipalité à s’approvisionner dans les marchés circonvoisins.

Cette lecture a été suivie de vifs applaudissements. La députation envoyée au roi vers les 4 heures de l’après-dînée, a rapporté cette réponse : « j’accepte purement et simplement la déclaration des droits de l’homme et les articles Constitutionnels que l’Assemblée m’a présentés. »

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Réunion des États Généraux. Versailles.

6 octobre 1789  :
Le Roi, la Reine, le Dauphin, etc sont arrivés dans la Capitale sur les 7 heures du soir. C’est une fête pour les bons Parisiens de posséder enfin leur Roi. Sa présence va faire bien promptement changer les choses de face ; le pauvre Peuple ne mourra plus de faim. Mais ce bonheur s’évanouirait bientôt comme un songe, si nous ne fixions au milieu de nous le séjour de la Famille Royale, jusqu’à ce que la Constitution soit complètement consacrée.

L’Ami du Peuple partage la joie de ses chers Concitoyens, mais il ne se livrera point au sommeil [1].

Émeutes de la faim, ripostes à une manifestation contre-révolutionnaire (gardes du corps du roi foule aux pieds la cocarde tricolore), manifestation des femmes et d’hommes motivés, les journées d’octobre 1789 nous montrent un épisode de la Révolution bien plus important qu’il n’y paraît au premier abord. Marat, la remarque de suite et relate l’événement en y donnant une analyse rapide et juste sur les répercutions de celui-ci.

Comme l’analyse Michel. Vovelle, : « les journées d’octobre sont un « tournant de la Révolution… Avec l’installation à Paris de la famille royale et de l’Assemblée, les perspectives d’une reprise en main monarchique par la force deviennent aléatoires. Avec la proximité physique de la Révolution parisienne, les perspectives d’un compromis au sommet entre notables deviennent, elle aussi, bien hasardeuses » [2]

La Révolution populaire s’impose ici, comme un élément majeur dans la poursuite de cette Révolution qui n’est pas aboutie en cette fin d’année 1789.

Bernard Vandeplas, Docteur en Histoire Contemporaine, Vice-Président de l’ARBR, les Amis de Robespierre. [3]

[1« L’Ami du Peuple », n°27, de Marat.

[2Michel Vovelle, « La chute de la monarchie, 1787-1792 », éd.Point Seuil, 1972, p. 137-138. »

[3d’autres extraits de documents complémentaires à l’Histoire de la Révolution Française alimenteront le site des Amis de Robespierre.