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Le chant du départ

Marie-Joseph Chénier et Nicolas Méhul

samedi 27 mai 2017

Tiré d’un poème de Marie-Joseph Chénier, intitulé : « l’hymne à la liberté » il est présenté à Robespierre en ce début d’année 1794.

Celui-ci qualifie la poésie de « grandiose et Républicaine » il demande sa mise en musique, ce qui sera fait rapidement par Nicolas Méhul.

Rebaptisé : « le chant du départ » par la volonté de l’Incorruptible, il deviendra son chant préféré.

Il sera joué et chanté en public le 14 juillet 1794.

Dans le premier couplet on trouve des phrases « fortes » : la Liberté guide nos pas, Rois ivres de sang et d’orgueil, le peuple souverain s’avance, Tyrans descendez au cercueil."
Un autre couplet est dédié à Bara et Viala, deux enfants soldats tombés héroïquement sous les balles Vendéennes.

Le chant du départ restera « référence » jusqu’au coup d’État de Napoléon, ce chant tombera-t-il dans l’oubli ? Non mais il va connaître deux curieux destins.

Premièrement Bonaparte va en faire l’hymne National en remplacement de la Marseillaise.
Deuxièmement à la chute de Napoléon, c’est l’armée Française qui en fera son chant de combat (très présent lors de la guerre 14 18).

Conclusions : nous pourrions décider que pour clôturer une manifestation, conférence ou commémoration d’entonner ce chant du départ ?
Nous rendrions hommage à cette période Révolutionnaire ainsi qu’à Robespierre.

Nous rappellerions que ce chant n’appartient ni à Napoléon, pas plus qu’a l’armée Française, mais bien au peuple Révolutionnaire, bien entendu nous pourrions y joindre pour varier « la Carmagnole » ou le « ça ira ».

Maurice Lardé, membre du Comité de l’ARBR

Les paroles

La victoire en chantant nous ouvre la barrière.
La liberté guide nos pas,
Et du Nord au Midi la trompette guerrière.
A sonné l’heure des combats.
Tremblez, ennemis de la France !
Rois ivres de sang et d’orgueil !
Le peuple souverain s’avance :
Tyrans, descendez au cercueil !
Refrain : La République nous appelle,
Sachons vaincre ou sachons périr :
Un Français doit vivre pour elle,
Pour elle un Français doit mourir !
 
La mère d’une famille :
De nos yeux maternels ne craignez pas les larmes ;
Loin de nous de lâches douleurs !
Nous devons triompher quand vous prenez les armes.
C’est aux rois à verser des pleurs.
Nous vous avons donné la vie,
Guerriers ! Elle n’est plus à vous ;
Tous vos jours sont à la patrie :
Elle est votre mère avant nous !
 
Deux vieux hommes :
Que le fer paternel arme la main des braves !
Songez à nous, au champ de Mars ;
Consacrez dans le sang des rois et des esclaves.
Le fer béni par vos veillards ;
Et rapportant sous la chaumière.
Des blessures et des vertus,
Venez fermez notre paupière.
Quand les tyrans ne seront plus !
 
Un enfant :
De Barra, de Viala, sort nous fait envie :
Ils sont morts, mais ils ont vaincu.
Le lâche accablé d’ans n’a point connu la vie ;
Qui meurt pour le peuple a vécu :
Vous êtes vaillants, nous le sommes :
Guidez-nous contre les tyrans ;
Les républicans sont des hommes,
Les esclaves sont des enfants !
 
Une épouse :
Partez, vaillants époux, les combats sont vos fêtes,
Partez, modèles des guerriers.
Nous cueillerons des fleurs pour enceindre vos têtes,
Nos mains tresseront vos lauriers.
Et, si le temple de mémoire
S’ouvrait a vos mânes vainqueurs,
Nos voix chanteront votre gloire,
Nos flancs porteront vos vengeurs. Refrain :
 
Une jeune fille :
Et nous, soeurs des héros, nous, qui de l’hymène
Ignorons les aimables noeuds,
Si pour s’unir un jour à notre destinée
Les citoyens forment des voeux,
Qu’ils reviennent dans nos murailles
Beaux, de gloire et de liberté,
Et que leur sang dans les batailles
Ait coulé pour l’égalité.
Refrain :
 
Trois guerriers :
Sur ce fer, devant Dieu, nous jurons à nos pères,
A nos épouses, à nos soeurs,
A nos représentants, à nos fils, à nos mères
D’anéantir les oppresseurs.
En tous lieux, dans la nuit profonde
Plongeant l’infâme royauté,
Les Français donneront au monde
Et la paix, et la liberté.
 
Refrain (choeur général)

Pour écouter le chant :

Selon wikipédia :
Le carillon de la place Ducale de Charleville-Mézières sonne les heures, quarts d’heures et demies heures sur les mesures du refrain du Chant du départ de façon que l’intégralité d’un couplet + refrain soit jouée en 60 minutes. Le carillon de la mairie de Givet, ville natale du compositeur fait de même.
Ce chant est utilisée dans le roman La Guerre des boutons, ainsi que dans le film d’Yves Robert qu’il a inspiré, lors des victoires remportées par les troupes de Lebrac." [1]

Le Chant du départ à l’École de la République

Dans le domaine de la musique, les premières instructions de l’école primaire (1882) circonscrivent l’éducation musicale à la pratique du chant collectif, fondamentalement voué à inculquer le sentiment de l’identité patriotique.

A partir de 1923, les instructions font souffler un vent radicalement nouveau. L’épreuve de chant devient obligatoire au Certificat d’études.

L’étude du Chant du départ y est obligatoire dès 1923, et le demeurera sous l’occupation.
En 1945, l’étude de cinq chants patriotiques est obligatoire : La Marseillaise, La Marche lorraine, Le chant du départ, Le Chant des Girondins et Le chant des partisans. Avec deux chants populaires au choix, ils font partie des épreuves du certificat d’études.
En 1962, ils sont réduits à La Marseillaise et au Chant des partisans accompagnés d’un chant populaire à choisir entre « Ah ! dis-moi donc, bergère » et« L’Hiver sera bientôt passé ».
Aujourd’hui, seul l’apprentissage de l’hymne national est obligatoire au titre des symboles de la République.


Voir en ligne : Jean-François Domine : Le chant du départ : un article des AHRF