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Députés du Pas-de-Calais pendant la Révolution

lundi 14 novembre 2016

Députés du Pas-de-Calais exclus de la Convention, Varlet et Enlard furent, comme Daunou, Magniez, Paine et Personne, sanctionnés pour avoir rejoint le camp des Girondins.

Pierre DAUNOU (1761-1840)

Ecclésiastique député du Pas-de-Calais à la Convention.

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Portrait de Daunou

Pierre Daunou [1] est avec Lazare Carnot, le seul des Conventionnels du Pas de Calais qui a poursuivi une car­rière politique bien au-delà de la Révolution. Jeune ecclésiastique, tout juste âgé de 31 ans lors de son élection, il siégea successivement, à la Convention, au Conseil des Cinq cents sous le Directoire et le Consulat, au Tribunat sous l’Empire, à la Chambre des députés sous Louis XVIII, Charles X et Louis-Philippe et à la Chambre des pairs de France.
Homme politique de grande culture, il fut aussi garde des Archives, membre du collège de France et de l’Académie des Inscriptions.

Marcel Dorigny dit de Daunou : « qu ’il incarna au cours de sa longue carrière l’itinéraire de cette classe moyenne du Tiers Etat qui se hissa aux plus hautes fonctions au cours de la Révolution et s’intégra à la société nouvelle consacrée par la Monarchie de Juillet ».

Pierre-Claude-François Daunou est né le 18 août 1861 à Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais).
Fils d’un chirurgien il fit ses études chez les oratoriens, entra dans cette congrégation et y devint enseignant.

Il publia en 1787 un ouvrage apprécié sur l’influence littéraire de Boileau. En 1790 il se fit le défenseur de la constitution civile, du clergé. Il fré­quentait à Boulogne la Société des Amis de la Constitution. Il s’intéres­sait aux problèmes de l’éducation et présenta un plan au nom des institu­teurs publics de l’Oratoire. Il propo­sait une éducation ouverte à tous, tendant vers la laïcisation de l’ensei­gnement et fortement influencé par les idées de Jean-Jacques Rousseau.

En 1791 il devint grand vicaire épiscopal de Porion, l’é­voque constitutionnel du Pas-de-Calais. C’est occupant ce poste qu’en septembre 1792 il fut élu député du Pas-de-Calais à la Convention, en dernière position avec 395 voix pour 775 votants.
A la Convention il siégea aux côtés de Girondins sans toujours épouser leurs querelles contre les Montagnards dont il ne partageait pas les orientations sociales et politi­ques.
Pierre Daunou s’opposa au jugement de Louis XVI, de­mandant qu’il fût renvoyé devant une haute Cour natio­nale ou devant un tribunal criminel. Il se prononça ensuite contre l’appel au peuple, pour la réclusion et le bannisse­ment à la paix et pour le sursis.

Il signa la protestation des 75 députés girondins contre la journée du 12 juin 1793, et fut dénoncé, comme cinq au­tres députés du Pas-de-Calais, comme « ayant perdu la confiance de ses électeurs ». Arrêté, le 3 octobre 1793 il passa quatorze mois en prison.

Ayant retrouvé son siège à la Convention en décembre 1794 il y joua un rôle important bien qu’opposé aux orientations réactionnaires des Thermidoriens. Il fut élu secrétaire de l’Assemblée et en avril 1795 il devint mem­bre de la Commission des lois organiques, chargée de préparer la nouvelle Constitution. Il proposa la création des deux Conseils. Rédacteur de cette Constitution de l’An III il la défendit à la tribune avec beaucoup de com­pétence.

En juillet 1795 il fit décréter le bannissement à perpétuité des émigrés et la garantie des acquéreurs de biens natio­naux. Il participa à l’élaboration des lois électorales, aux questions de l’instruction publique et à la création de l’Institut dont il devint membre.

Le 1er septembre 1795 il entra au Comité de Salut public et dénonça les manœuvres des sections royalistes.
Sous le Directoire, élu au Corps législatif dans la Seine (et dans plusieurs autres départements) Pierre Daunou siégea au Conseil des Cinq Cents et en fut le premier pré­sident.

En mai 1797, il ne fut réélu dans aucun département et fut nommé conservateur en chef de la Bibliothèque du Panthéon. En février 1798 il fut envoyé à Rome avec Monge comme commissaire civil chargé d’or­ganiser la République romaine. Ayant appris sa réélection dans le Pas-de-Calais au Conseil des Cinq Cents il abandonna sa mission et, rentré au Conseil, il le présida.

Au 18 brumaire Daunou fut maintenu dans la Commission intermédiaire des Cinq Cents et il élabora un projet de constitu­tion jugé trop démocratique par Bonaparte. Il entra au Tribunat et le présida. S’opposant aux envahissements du despotisme il fut éliminé du Tribunat en mars 1802 et reprit son poste à la bibliothèque du Panthéon. Nommé archiviste de l’Empire en 1804 il accepta la Légion d’Honneur mais refusa la place de censeur impérial.

A la seconde restauration Pierre Daunou fut révoqué de sa charge de garde général des archives et devint rédac­teur du Journal des Savants et membre du Collège de France. En 1819 et 1828 il fut élu député du Finistère.

A la Révolution de juillet 1830 il signa l’adresse des 221 et proposa de constituer une assemblée constituante. Il fut réintégré au poste de garde général des archives. Réélu en 1831 Daunou fut le rapporteur de la loi sur l’ins­truction primaire. Il fit partie de l’Académie des Sciences morales et politiques dès sa fondation 1832 et fut élu se­crétaire perpétuel de l’Académie des Inscriptions en 1838. Le 7 novembre 1839 il fut nommé pair de France. Il mou­rut à Paris le 20 juin 1840 à l’âge de 79 ans.

Site de l’Assemblée Nationale : Pierre DAUNOU


Charles Zachée-Joseph Varlet

Il est né le 10 mai 1733 à Saint-Omer (Pas-de-Calais). Agé de 59 ans, il est le plus vieux des députés du Pas-de-Calais. Il fut élu comme premier suppléant et s’il siégea, c’est pour remplacer Maximilien Robespierre qui choisit d’être député de la capitale.

Charles Varlet est un ancien militaire. A la retraite depuis 1787, il s’est retiré à Hesdin, dont il devint le maire dès le début de la Révolution.

Il était entré dans l’année sous le règne de Louis XV, en 1748, comme ingénieur. Il fut affecté successivement dans de nombreuses villes fortifiées (Mézières, Verdun, etc.) En campagne en Allemagne, il devint capitaine au régiment de Picardie en 1761, lieutenant-colonel en 1770, colonel et chef de brigade en 1779. Il avait été fait chevalier de l’ordre de Saint-Louis en 1772. Lors du procès de Louis XVI, il vota contre l’appel au peuple, pour la réclusion pendant la guerre et le bannissement à la paix et pour le sursis. [2]

Le 5 février 1793, il fut proposé comme commissaire auprès de l’armée du Nord. Mais Duhem et Augustin Robespierre le signalèrent comme royaliste et il fut remplacé.

Charles Varlet fut l’un des signataires de la protestation contre l’éviction de ses amis Girondins. Les électeurs du Pas-de-Calais le dénoncèrent comme « ayant perdu leur confiance » et il fut décrété d’arrestation. Il ne rentra à la Convention qu’en décembre 1794.

Sous le Directoire, il fut élu dans le Pas-de-Calais au Corps législatif et désigné pour le Conseil des Anciens. Le 28 thermidor an IV, il présenta une résolution en faveur du traité de paix conclu entre la république française et le duc de Wurtemberg.

Charles Varlet quitta le Conseil des Anciens en 1797 et se retira à Hesdin. Il y mourut le 19 mars 1811 à l’âge 78 ans.

Site de l’Assemblée Nationale : Charles VARLET


Nicolas-François-Marie Enlart

Il est né le 25 mars 1760 à Montreuil (Pas-de-Calais). Comme Lebas, Guffroy, il était avocat. Il siégea prudemment sur les bancs de la Plaine. On le savait plus que modéré puisque déjà au lendemain du 10 août 1792, il avait, effrayé de la tournure des événements, démissionné de son poste de président du district de Montreuil. Cela ne l’empêcha pas d’être élu à l’Assemblée un mois plus tard en 7e position.

Dans le procès de Louis XVI, Nicolas Enlart vota contre l’appel au peuple, contre la peine de mort, et pour la détention et le bannissement à la paix. Malade, il fut absent au moment du vote pour le sursis.

Après la chute des Girondins en juin 1793, une députation des citoyens d’Arras vint déclarer à la Convention que, comme tous les élus girondins, Enlart « avait perdu la confiance des électeurs du Pas-de Calais ».

En octobre 1793 il fut affecté à la surveillance de la vente du mobilier de la liste civile à Marly. La Convention terminée, Nicolas Enlart devint juge de paix à Montreuil et sous l’Empire, en 1810, président du tribunal civil de cette ville. En 1815, fidèle à l’Empereur, il fut député à la Chambre des Cent-jours. Il ne retrouva son siège de juge qu’en 1818.

Nicolas Enlart prit sa retraite en 1833 et mourut à Montreuil le 25 juillet 1842 à 82 ans.
Site de l’Assemblée Nationale : François-Nicolas ENLARD

Christian Lescureux. Article paru dans l’Incorruptible n° 76 page 9 3° tr. 2011

Antoine, Guislain Magniez 1738 - 1823

Né le 14 décembre 1738 à Moislains (Somme - France)
Décédé le 7 novembre 1823 à Bertincourt (Pas-de-Calais - France)

Site de l’Assemblée Nationale Antoine MAGNIEZ


Thomas Paine 1737 - 1809

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Né le 29 janvier 1737 à Thetford (Royaume-uni)
Décédé le 8 juin 1809 à New-york (Etat-unis)

Site de l’Assemblée Nationale : Thomas Paine


Jean-Baptiste Personne 1744 - 1812

Né le 10 avril 1744 à Fiefs (Pas-de-Calais - France)
Décédé le 2 juillet 1812 à Saint-omer (Pas-de-Calais - France)
Site de l’Assemblée Nationale : Jean-Baptiste PERSONNE


[1Incorruptible n° 75 page 5 1er trimestre 2011

[2voir dans le N° 75 de l’Incorruptible les modalités de vote lors du procès de Louis XVI