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Ça s’est passé en février 1792 : une lettre de Petion à son ami Buzot

Le peuple et la bourgeoisie se séparent

lundi 24 février 2020

Pour célébrer le 230 ième anniversaire de la Révolution française, chaque mois, l’éditorial reviendra sur un moment clé des évènements révolutionnaires.

Ça s’est passé en février 1792

« Conserver la Révolution » :

Une lettre de Pétion du 6 février 1792.

(6 mois avant la prise des Tuileries)

« Les Révolutions de Paris » publient une lettre de Pétion à Buzot, à propos de la bourgeoisie qui se sépare du peuple :

« Elle [la bourgeoisie] se place au-dessus de lui, elle se croit au niveau avec la noblesse qui la dédaigne et qui n’attend que le moment favorable pour l’humilier. On lui a tant répété que c’était la guerre de ceux qui avaient contre ceux qui n’avaient pas, que cette idée-là la poursuit partout. Le peuple de son côté s’irrite contre la bourgeoisie, il s’indigne de son ingratitude et se rappelle les services qu’il lui a rendus, il se rappelle qu’ils étaient tous frères dans les beaux jours de la liberté. Les privilégiés fomentent sourdement cette guerre qui nous conduit insensiblement à la ruine. La bourgeoisie et le peuple réunis ont fait la révolution ; leur réunion seule peut la conserver. »

Jérôme Petion, est né à Chartres, le 2 janvier 1756 ; mort à Saint-Magne (Gionde), le 30 prairial an II (18 juin 1794). A l’Assemblée nationale, il fut du petit groupe de l’extrême-gauche [1], avec Robespierre, Buzot, Prieur (de la Marne), Dubois-Grincé etc…

Portrait de Jérôme Petion
Maire de Paris

Il présida les Jacobins du 3 au 29 août 1791. Au moment où l’Assemblée constituante se sépara, le peuple fit ovation à Pétion et à Robespierre, à « l’inflexible et à l’Incorruptible ».

Élu maire de Paris jusqu’en 1792, il se sépara de Robespierre en cette fin d’année 1792. Dans le procès du roi, il s’opposa vivement à Robespierre, vota pour l’appel au peuple, pour la mort et pour le sursis.

Girondin, Pétion fut décrété d’arrestation le 9 juin 1793. Il se cacha et prit le chemin du département de la Gironde, il y rejoignit Bizot son amis et après avoir erré tous deux dans les bois, se suicidèrent. (Extrait du dictionnaires des Conventionnels par A. Kuscinski).

François Nicolas Léonard Buzot, né le 1er mars 1760 à Évreux et mort par suicide le 18 juin 1794 (le 30 prairial an II selon les archives parlementaires) à Saint-Magne-de-Castillon, est un homme politique français connu pour son engagement pendant la Révolution. Il a été membre de l’Assemblée nationale constituante de 1789-1791 et député de l’Eure à la Convention nationale

Portrait_présumé_de_Buzot
musée_Carnavalet

Il est élu député du tiers état aux États généraux par le bailliage d’Évreux en 1789.
Immédiatement, à la Constituante, il prend vigoureusement parti contre la monarchie, la noblesse et le clergé. Dès le 6 août 1789, il définit les biens de l’Église comme la propriété de la Nation5 et réclame leur nationalisation. Il demande également le droit pour tous les citoyens de porter des armes.
Rentré à Évreux après la dissolution de la Constituante, il devient, le 7 février 1792, le premier président du tribunal criminel nouvellement installé dans l’ancien séminaire des Eudistes. C’est à cette époque, lors d’un voyage à Paris, qu’il fait la connaissance de Manon Roland dont il s’éprend.

Bernard Vandeplas, Dr en histoire contemporaine

[1Au sens qu’il faut lui accorder à cette époque.