Accueil > Actualités > 1er Congrès des associations amies de la Révolution : un succès  (...)

1er Congrès des associations amies de la Révolution : un succès !

(1st Congress of Societies of Friends of the Revolution : a success !)

mardi 25 septembre 2018

Le premier Congrès des sociétés amies de la Révolution française s’est déroulé le samedi 22 septembre à Ivry-sur-Seine, salle Robespierre, et a réuni près de 100 personnes, parmi lesquelles les représentants des 14 associations citées.
La date du 22 septembre n’est pas anodine, puisqu’elle commémore le 1er jour de l’an I de la République : le 22 septembre 1792.

(The first Congress of Societies of Friends of the French Revolution took place on Saturday 22 September in Ivry-sur-Seine’s Robespierre Hall, and brought together nearly 100 people, including representatives of the 14 societies listed.
The date of 22 September is not insignificant, since it marks the first day of the Republic’s Year I : 22 September 1792.)

Société des études robespierristes ; Amis de Robespierre pour le bicentenaire de la Révolution (ARBR) ; Association Camille Desmoulins ; Association Condorcet (Ribemont) ; Association Maximilien Robespierre pour l’idéal démocratique (AMRID) ; Association pour la sauvegarde de la maison de St-Just ; Carmagnole liberté ; Comité républicain de La Roche-de-Mûrs (Maine-et-Loire) ; Les amis de Gracchus Babeuf ; Les joyeux Jacobins (Saintes) ; Le peuple souverain s’avance (Paris) ; L’Improbable (Lyon) ; Société des amis de la Révolution de la Sarthe (SARF)

En français

Le premier Congrès des sociétés amies de la Révolution française s’est déroulé le samedi 22 septembre à Ivry-sur-Seine, salle Robespierre, et a réuni près de 100 personnes, parmi lesquelles les représentants des 14 associations citées.

La date du 22 septembre n’est pas anodine, puisqu’elle commémore le 1er jour de l’an I de la République : le 22 septembre 1792.


Quelques images de ce moment fort.

Hervé Leuwers, Président de la Société des études robespierristes, et Philippe Bouyssou, Maire d’IVRY, accueillent les Congressistes, et H. Leuwers insiste sur les 3 dimensions de cette manifestation : Mémoire, Citoyenneté et Fête, l’aspect festif étant porté par l’association « Carmagnole Liberté », et la couleur de leurs costumes.

Les Congressistes assistent à une 1re table ronde, sur le thème ’Associations et transmission de la Mémoire de la Révolution’, Serge Aberdam (SER) jouant le rôle de modérateur.

C’est l’occasion pour l’Association des Amis de Babeuf (Michel Aurigny), L’Association Condorcet (Micheline Blangy), l’AMRID (Daniel Somogyi), l’ARBR (Alcide Carton), et « Carmagnole-Liberté » (Alain Nice) de s’exprimer et de relater l’action de leurs associations respectives.

Personnellement, j’ai découvert l’Association BABEUF, fondée il y a 25 ans à Saint- Quentin ; actuellement une exposition itinérante de 13 affiches retraçant les étapes de la vie de Babeuf, tourne dans les Collèges et Lycées.

La Maison natale de Condorcet, située à RIBEMONT (Aisne), propriété de la ville depuis 1989, sert de support aux actions réalisées par l’Association du même nom, notamment en avril de cette année, tribune publique et film sur CONDORCET et l’instruction publique et laïque.

L’AMRID, Association Maximilien Robespierre pour l’idéal démocratique, a été créée peu après l’ARBR, en 1988.

Alcide Carton, Président de l’ARBR, prend la parole pour présenter l’association et ses actions, et déplorer le silence des structures territoriales quand on leur demande des moyens.

La 2e table ronde, interroge d’autres participants, avec Annie Duprat (SER, Université Cergy-Pontoise) comme modératrice, sur les représentations de la Révolution.

Pour le cinéaste Pierre Schoeller, dont le dernier film « Un peuple et son Roi », (après « L’exercice de l’Etat » et « Versailles »), sera en salles la semaine prochaine, c’est plutôt l’image de la Bastille qui vient en premier, mais aussi celle des « cérémoniels » du Roi.

Paul Chopelin (SER, Université Lyon 3), estime que la représentation de la Révolution, en BD, c’est la guillotine.

En littérature, Laurent Brassart (SER Université de Lille), constate que la violence populaire par la parole, qui traduit la réappropriation du politique par le peuple, est la réponse au langage des dominants.

Antoine Resche, (« Histony », youtuber) pense qu’en jeux vidéos, le langage politique est assez audacieux, et, de même que dans les films, les représentations en costumes apportent de la cohérence.

Annie Duprat parle d’une fascination du public pour les costumes. Pour elle, la représentation de la Révolution est celle d’une foule : « les individus veulent leurs droits, ils se politisent et deviennent une foule agissante ».

A l’heure du casse-croûte les congressistes ont pu admirer un bel arbre de Liberté planté par la commune d’Ivry et découvrir des rues aux nos évocateurs : Marat, Saint-Just, Robespierre...

L’après midi commence avec une nouvelle table ronde, où Hervé Leuwers est en position de modérateur, intitulée : « Un réseau de sociétés amies de la Révolution… Pour quoi faire ? « 

Philippe Gallet, représente l’Association Camille Desmoulins, créée en 2001 à GUISE, ville natale de ce révolutionnaire. Petite association d’une trentaine d’adhérents, avec très peu de moyens. Pour lui, avec les autres associations, l’essentiel est de mettre en commun les idées ; il suggère un périodique plus large, pourquoi ne pas ouvrir « l’Incorruptible » à des articles émanant d’autres associations ? peut être aussi un système d’adhésions entre associations amies ; une association « chapeau » pour les regrouper ? des réunions plus fréquentes, en plus d’un Congrès tous les 2 ans .

Anne Quennedey, présente brièvement l’Association Saint-Just à Blérancourt, créée en 1985, pour sauver la maison du révolutionnaire. En plus, elle développe une activité d’achats de manuscrits (de Saint-Just) et propose de sensibiliser les sociétés amies, à ces achats. L’entraide technique est primordiale.

Il existe un réseau de Maisons d’écrivains, c’est une bonne structure, pourquoi ne pas créer un réseau de Maisons de Révolutionnaires ?

Daniel Jouteux, de la SARF, Société des amis de la Révolution française, Club René Levasseur de la Sarthe, estime qu’il faudrait une Commission formée des représentants des sociétés amies, afin de d’élaborer un projet d’association « chapeau ».

Jean Marc Schiappa, de l’association Babeuf, doute qu’une association « chapeau » soit vraiment nécessaire, la SER réalisant déjà ce rôle... Il est d’accord avec une mutualisation des savoir-faire, et un Congrès dans 2 ans, et propose un Tour de France des associations amies de la Révolution, sans pour autant négliger l’ancrage local.

Bernard Vandeplas, vice président de l’ARBR définit 7 objectifs :

- Assurer des rapports réguliers avec les sociétés amies de la Révolution française ;
- Eclairer les citoyens ;
- Propager les principes républicains, d’une République démocratique et sociale ;
- Instruire tous les citoyens sensibles ou non aux idéaux révolutionnaires ;
- Les sociétés amies de la Révolution française doivent être d’abord une école civique, gratuite, ouverte à tous, jeunes et moins jeunes, étudiants ou non ;
- Nous ne sommes pas dans le champ du pouvoir, et tenons à garder notre indépendance ;
- Il faudrait amener les citoyens sur le terrain de l’histoire, et particulièrement celui de la Révolution française, mais aussi sur celui de la vie civique, de l’engagement et de la réflexion, sur les valeurs humanistes de la Révolution française.
Il est résolument pour organiser des rencontres avec les jeunes, pour des participations aux cérémonies, à des visites d’ateliers, des journées d’apprentissage, de découvertes des documents d’archives.

Hervé Leuwers reconnaît que nous avons tous la volonté de travailler ensemble.

Il résume en 4 thèmes :

- se connaître et échanger, garder le lien ;

- réaliser des opérations communes : colloques ...etc ;

- veiller à la place de la Révolution dans l’espace public (noms des rues...) ;

- mutualiser les savoir faire, avoir une expertise commune.

Le Congrès se termine par la projection, en avant première, de la nouvelle version du film « Robespierre » d’Hervé Pernot, puis par un dernier débat sur Robespierre et sa perception dans notre société, auquel participe le Député de Seine St Denis, Alexis Corbières et les congressistes, encouragés par l’association « Carmagnole-Liberté » ont entamé, avant de se séparer, le « Chant du départ ».

Le prochain congrès aura lieu en 2020.

La journée a été riche, intense et pleine de promesses pour l’avenir.

++++ In English

The first Congress of Societies of Friends of the French Revolution took place on Saturday 22 September in Ivry-sur-Seine’s Robespierre Hall, and brought together nearly 100 people, including representatives of the 14 societies listed.

The date of 22 September is not insignificant, since it marks the first day of the Republic’s Year I : 22 September 1792.


Quelques images de ce moment fort.

Hervé Leuwers, President of the Société des études robespierristes, and Philippe Bouyssou, Mayor of IVRY, welcomed the Congress members, and Hervé Leuwers emphasised the 3 dimensions of this event : Memory, Citizenship and Celebration, the festive aspect being carried by "Carmagnole Liberté", and their colourful costumes.

The Congress members attended a first round table on the theme Societies and Transmitting the Revolution’s Memory, with Serge Aberdam (SER) as moderator.

This gave an opportunity for the Association des Amis de Babeuf (Michel Aurigny), the Condorcet Association (Micheline Blangy), AMRID (Daniel Somogyi), ARBR (Alcide Carton), and "Carmagnole-Liberté" (Alain Nice) to introduce themselves and report on their respective associations’ activities.

Personally, I discovered the Babeuf Association, founded 25 years ago at Saint-Quentin ; currently a travelling exhibition of 13 posters retracing the stages of Babeuf’s life, is touring High Schools and Sixth-Form Colleges.

Condorcet’s Birthplace, located in RIBEMONT (Aisne), owned by the city since 1989, provides a base for the activities of the Society of the same name, notably in April this year for a public meeting and film on CONDORCET and public and secular education.

AMRID, the Maximilien Robespierre Association for the Democratic Ideal, was created shortly after ARBR in 1988.

Alcide Carton, President of ARBR, took the floor to introduce the Society and its activities, and deplore the silence of regional bodies when asked for funding.

The second round table, with Annie Duprat (SER, University of Cergy-Pontoise) as moderator, questioned other participants on representations of the Revolution.

For filmmaker Pierre Schoeller, whose latest film Un peuple et son Roi (following L’exercice de l’Etat and Versailles) will be in the cinemas next week, it is more the image of the Bastille that comes first, but also that of the King’s "ceremonies".

Paul Chopelin (SER, University of Lyon 3), believes that the Revolution’s representation in graphic novels is summed up by the guillotine.

In literature, Laurent Brassart (SER University of Lille) notes that popular violence by word, which reflects the reappropriation of politics by the people, is the response to the language of the ruling class.

Antoine Resche, ("Histony", youtuber) thinks that the political language of video games is pretty daring, and, as in movies, costume performances bring coherence.

Annie Duprat spoke about the public’s fascination with costumes. For her, the representation of the Revolution is that of a crowd : "individuals want their rights, they become politicised and become an active crowd".

At lunchtime, the delegates were able to admire a beautiful Liberty tree planted by the commune of Ivry and discover the streets of Marat, Saint-Just, Robespierre...

The afternoon began with a new round table, with Hervé Leuwers as moderator, entitled : "A network of societies of friends of the Revolution... To what end ?”

Philippe Gallet represented the Camille Desmoulins Association, created in 2001 in GUISE, this revolutionary’s birthplace. It’s a small society of about thirty members, with very few resources. For him, the essential thing is to share ideas with the other societies ; he suggested a more widespread periodical : why not open L’Incorruptible to articles from other societies ? Perhaps also a system of memberships between friendly associations ; an "umbrella" society to bring them together ? More frequent meetings, in addition to a Congress every 2 years.

Anne Quennedey briefly introduced the Saint-Just Association in Blérancourt, created in 1985 to save the revolutionary’s home. In addition, she is developing the purchase of manuscripts (of Saint-Just) and offered to make friendly societies aware of these purchases. Technical assistance is essential.

There is a network of Writers’ Houses, a good structure, so why not create a network of Revolutionaries’ Houses ?

Daniel Jouteux, of SARF (Société des amis de la Révolution française), Club René Levasseur de la Sarthe, considered that there needs to be a Commission formed by representatives from the societies of friends to draw up a draft "umbrella" organisation.

Jean Marc Schiappa, from the Babeuf Association, doubted that an "umbrella" organisation is really necessary, as SER already performs this role... He agreed with a pooling of know-how, and a Congress in 2 years’ time, and proposes a Tour de France of societies of friends of the Revolution, without neglecting their local roots.

Bernard Vandeplas, Vice President of ARBR, defined 7 objectives :

  • To ensure regular relations between societies of friends of the French Revolution ;
  • To enlighten fellow-citizens ;
  • To propagate republican principles, for a democratic and social Republic ;
  • To educate all citizens, whether or not they are aware of the revolutionary ideals ;
  • Societies of friends of the French Revolution must first and foremost be a civic school, free, open to all, young and old, students or not ;
  • We are not in the field of power, and want to keep our independence ;
  • Citizens should be guided over the historical terrain, particularly that of the French Revolution, but also that of civic life, engagement and reflection, and the Revolution’s humanist values.
    He is resolutely in favour of organising meetings for young people, for participation in ceremonies, workshop visits, learning days, and discovering archival documents.

Hervé Leuwers acknowledged that we all have the will to work together.

He summarised the 4 themes :

  • Getting to know each other and exchange ideas, keep in touch ;
  • Carrying out joint activities : conferences, etc ;
  • Ensuring the Revolution’s place in the public space (street names...) ;
  • Pooling know-how, sharing expertise.

The Congress ended with a preview screening of the new version of Hervé Pernot’s film Robespierre, followed by a final debate on Robespierre and his perception in our society, in which the Deputy of Seine St Denis, Alexis Corbières, and the congress attendees, encouraged by the association "Carmagnole-Liberté", joined in the Chant du départ, before going home.

The next congress will take place in 2020.

The whole day was rich, intense and full of promise for the future.

Pour l’ARBR,

Jacqueline Cardile-Mozet